Journée internationale du Sida : MSF exige l’accès gratuit à la prévention et à la prise en charge des PVV

Par Génie Mulobo

Pas de fête en RDC. C’est le cri de détresse lancé par l’Ong internationale Médecins sans frontières. Selon MSF, plus de 80% des 440.000 personnes vivant avec le VIH/SIDA en RDC sont toujours en attente du traitement qui pourrait leur sauver la vie. Une fois encore, Médecins Sans Frontières demande au Gouvernement congolais et aux bailleurs internationaux de tenir leurs engagements pour les patients.

Selon un communiqué de Médecins sans frontières, la République Démocratique du Congo a 15 ans de retard dans la lutte contre le SIDA. Conséquence de cette situation : un quart des patients qui arrivent au centre hospitalier Kabinda, géré par Médecins Sans Frontières à Kinshasa, décèdent. «Aujourd’hui les patients meurent avant d’avoir eu accès au traitement qui leur sauverait la vie, c’est inacceptable. Pourtant, un patient correctement soigné est en bonne santé, et peut avoir une vie tout à fait normale », explique Louise Roland-Gosselin, chef de mission adjointe pour MSF.

L’expérience de MSF dans d’autres pays de la région prouve que la prise en charge d’un grand nombre de patients séropositifs est possible même dans des pays à bas revenus. Au Malawi, pays au niveau de revenu comparable à la RDC mais qui compte, proportionnellement à sa démographie, dix fois plus de personnes séropositives, la moitié des personnes vivant avec le VIH sont sous traitement, contre 17% en RDC.

En effet, l’une des raisons du retard de la RDC s’explique par le fait que le financement de la lutte contre le SIDA repose à hauteur de 38% sur les patients eux-mêmes. Même si les médicaments antirétroviraux sont gratuits, le patient doit trop souvent payer pour les obtenir : 3$ pour l’ouverture d’un dossier, 6$ pour une consultation médicale avec un médecin, 5$ pour les examens CD4 et 10$ pour le dosage de la charge virale, par exemple. Même le dépistage, normalement gratuit, est également conditionné à des tests préliminaires payants. Dans un pays où 87% de la population vit avec moins de un dollar par jour, cette barrière financière à l’accès au traitement empêche les personnes de se faire tester et de demander un traitement qu’elles savent hors de leur budget. « Les patients sont otages d’un système de santé sous-financé, et donc prédateur. On oblige les gens à choisir entre manger ou être soignés », s’indigne Louise Roland-Gosselin.

Car aujourd’hui, les dépenses destinées à la lutte contre le VIH provenant du Gouvernement ne représentent que 1,18% de l’ensemble, selon le rapport REDES 2012. Pourtant, des promesses ont été faites à de nombreuses reprises, comme en juillet 2008 avec la loi sur la gratuité des soins pour les PVV, une loi qui n’est toujours pas appliquée. MSF demande donc au Gouvernement congolais d’assurer l’accès gratuit à la prévention et à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA, d’augmenter les moyens budgétaires alloués à la lutte contre le SIDA et d’assurer le décaissement complet de ces fonds pour des activités directement bénéfiques aux patients.

MSF demande ainsi aux bailleurs de fonds de non seulement tenir leurs engagements pour les patients dont ils ont assuré le traitement antirétroviral, mais également de soutenir la mise à l’échelle, c’est-à-dire de permettre à plus de patients d’être dépistés et d’avoir accès au traitement.

Une fois encore, MSF appelle toutes les parties prenantes, en premier lieu le Gouvernement, à reconnaître l’urgence de la lutte contre le VIH en RDC. MSF dénonce les promesses oubliées et les engagements non tenus dont les patients sont les premières victimes. Il en appelle à une mobilisation de tous les acteurs, non seulement à hauteur de leurs engagements, mais surtout selon les besoins réels exprimés sur le terrain.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :