L’UNFPA et ses partenaires exhortent à autonomiser les adolescentes

Par Génie Mulobo

« Autonomiser les adolescentes ; Mettre fin au cycle de violence ». Tel est le thème choisi par le ministère du Genre, de la famille et de l’Enfant, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et différents partenaires célébrer la troisième édition de la journée internationale de la fille. Cadre choisi le 11 octobre dernier: le Lycée Matonge, dans la commune de Kalamu. « Eviter les grossesses et mariages précoces ; éviter d’être victime consentante ; dénoncer le harcèlement… ». Ce sont là quelques-uns des messages retenus par les filles du lycée Matonge lors de cette journée de sensibilisation.
Dans son intervention, la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Mme Geneviève Inagosi a fait savoir que le harcèlement prend de l’ampleur dans certaines écoles de la RDCongo. C’est qu’elle a invité les élèves à dénoncer toute forme de harcèlement sexuel dont elles seraient victimes. Et d’ajouter que la RDC a non seulement adhéré aux instruments internationaux et régionaux qui protègent l’enfant à savoir, la Convention relative aux droits de l’enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Outre ces textes, la RDC, a-t-elle rappelé, dispose d’une loi spécifique portant protection de l’enfant tandis que le Code pénal a intégré de nouvelles dispositions sur la répression des violences sexuelles.
En outre, le gouvernement congolais réaffirme son engagement de veiller à l’application de toute cette réglementation et de plaider davantage sur les investissements à réaliser afin de permettre aux filles de développer leur potentiel.
« L’accès limité à l’éducation et à la santé, les mariages et grossesses précoces, les violences sexuelles et basées sur le genre, le travail des enfants, la prostitution, la guerre, les pesanteurs socioculturelles… », sont entre autres les problèmes que rencontrent les filles dans les pays en voie de développement », a souligné la ministre du Genre.
Pour sa part, la Représentante de l’UNFPA, Mme Diene Keita a dans son mot, indiqué que chaque fille a droit à la vie et à la dignité. Elle a également droit à recevoir une éducation, y compris une éducation complète à la sexualité et à acquérir tous les talents dont elle est capable.
« Nous devons agir quand environ 70 millions de jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans dans les pays en développement ont été mariées avant d’atteindre l’âge de 18 ans. Le mariage précoce, le mariage d’enfants privent les filles de leur autonomie, de leur éducation et de leur santé », a-t-elle renseigné.
Il sied de signaler que trois millions de filles, qui en majorité n’ont pas atteint l’âge de 15 ans, subissent la mutilation génitale féminine, chaque année sans exception, a fait savoir la Représentante de l’UNFPA. Cela peut accroître leur vulnérabilité au VIH/sida et aux complications de la grossesse et de l’accouchement, et dans les pires cas causer la mort de la mère et du nouveau-né.
Pour lutter contre tous ces fléaux, l’UNFPA en tant que partenaire de santé, outre ses multiples actions, agit pour protéger la santé et les droits des adolescentes. Ce, en dispensant une éducation complète à la sexualité ; en fournissant conseils, information et services en matière de santé sexuelle et reproductive ainsi qu’en protégeant les droits humains fondamentaux des adolescentes. Grâce à un programme conjoint UNFPA-UNICEF, plus de 12.700 communautés en Afrique ont abandonné la mutilation génitale féminine.
A son tour, la vice-ministre de l’EPSP a fait savoir que dans beaucoup de pays à travers le monde, les jeunes filles sont confrontées dès le bas-âge à d’énormes difficultés. L’enquête sur la situation des enfants et adolescents en RDC, en dehors de l’école dont le nombre est estimé à 7.350.000, relève que 52,8% sont des filles et que cette part augmente au fur et à mesure que l’on avance. Il s’agit de 50,1% des enfants de 6 à 11 ans ; 60,4% de 12 à 13 ans et 63,8% de 14 à 17 ans. Ces filles en dehors de l’école se retrouvent dans les ménages les plus pauvres dont le chef n’a aucun niveau.
« Une femme qui a réussi s’attire l’estime et le respect de la société. Et certaines formes de violences s’éloignent d’elles », a insisté la vice-ministre pour souligner l’importance de l’éducation scolaire pour les filles.
Prenant part à cette cérémonie, la ministre provinciale du Genre, Mme Thérèse Olenga a invité tous les acteurs à se battre pour arrêter la violence dans les milieux scolaires.
C’est dans une ambiance festive que les filles ont promis de briser le silence et de se battre pour leurs droits et contre les violences sexuelles. Le silence étant un des principaux facteurs favorisant l’augmentation de cas de violences sexuelles.
On rappelle que la première édition de la journée internationale de la fille a été célébrée en 2012 au lycée Kabambare, la deuxième en 2013 à l’institut Sainte Germaine de N’Djili.

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