Le Rwanda et l’Ouganda pyromanes et sapeurs-pompiers au Nord-Kivu

Ils sont entrés dans Goma presque sans avoir vraiment combattu. Ils ont occupé la ville durant une dizaine de jours. Samedi 30 novembre, ils ont quitté Goma après avoir subi une forte pression de la CIRGL et de quelques autres puissances occidentales. Ils sont repartis non sans avoir préalablement pillé la ville. Même un camp de déplacés a été visité. Des vivres, des biens meubles, de l’argent ont été ravis aux déplacés. Quelques filles ou femmes auraient également été violées. Des jeunes pris de force ont été utilisés comme porteurs du butin. Dans Goma qu’ils ont quitté avec beaucoup de regrets et donc malgré eux, ils se sont abondamment servis. Des résidences officielles et privés pillées, des bureaux saccagés, la succursale de la banque centrale dévalisée, des véhicules emportés, dont certains ont pris la route du Rwanda tout proche.
Les rebelles, ces pseudos libérateurs, ont montré leur vrai visage : ils ne sont que des criminels, des bandits. Alors qu’ils prétendaient libérer le pays, les rebelles du M23 apparaissent aujourd’hui comme on les imaginait : des pantins à la solde de puissances étrangères. Des soldats rwandais les auraient aidés à prendre la ville de Goma. C’est un nouveau rapport des experts de l’Onu qui le dit. Et c’est le très sérieux journal américain, le New-York Times qui relaie l’information reprise sur le site de Radio France International. « D’après un nouveau document, plus de mille soldats rwandais auraient facilité la prise de Goma par le M23 », peut-on lire sur le site de RFI.
Selon le texte du New York Times, daté du 26 novembre et mis en ligne sur le site du journal, plusieurs compagnies des Forces de défense du Rwanda (FD), sont entrées en territoire congolais et ont pris part à l’offensive sur Goma. Les forces gouvernementales rwandaises auraient aussi pris part aux combats à l’aéroport de la capitale de la province du Nord-Kivu. Le rapport des experts onusiens, indique le New-York Times, se base sur différentes sources, principalement d’anciens responsables militaires rwandais et ougandais, ainsi que des responsables des FARDC sans oublier les sources diplomatiques. « Un bataillon entier des FDR, soit entre huit cent et mille soldats, aurait été déployé dès la fin octobre sur les positions rebelles de Bukima et Tshengerero. Sept compagnies des FDR auraient par ailleurs appuyé les rebelles lors de la deuxième offensive sur Kibumba le 17 novembre », précise le journal américain.
« Le M23 selon des photos publiées en annexe, aurait reçu des uniformes au camouflage et aux couleurs similaires à ceux des FDR, afin de permettre aux soldats rwandais d’être moins repérables, notamment lors de la prise de Goma. Le rapport fait aussi état de tirs d’artillerie, à partir du Rwanda, sur les positions des FARDC afin d’appuyer la progression du M23 », peut-on encore lire sur le site de RFI. « Selon les experts, le général Bosco Ntaganda, recherché par la CPI pour crimes de guerre, aurait dirigé les troupes du M23 stationnées à Kibumba. Mais le commandement de l’offensive sur Goma, selon Steve Hege, coordinateur des experts onusiens, était avant tout une affaire rwandaise. Le général rwandais Emmanuel Ruvusha, déjà cité dans son précédent rapport, a supervisé sur place, l’exécution d’une attaque planifiée par James Kabarebe le ministre rwandais de la Défense, et par son chef d’état-major Charles Kayonga », indiquent les mêmes sources. Les experts onusiens affirment que le M23 est une création commune du Rwanda et de l’Ouganda. Kigali aurait ainsi équipé, entraîné, conseillé, renforcé et commandé la rébellion. Qui dit mieux ?
Sapeurs pompiers ?
Voilà qui éclaire un peu plus sur les motivations profondes des actions du fameux mouvement rebelle, qui a cru endormir les Congolais avec des exigences d’un dialogue ouvert à l’opposition, à la société civile et à la diaspora. On ne sait pas comment et pour quelle finalité on ouvrirait ce dialogue si le M23 n’est qu’un faire-valoir de puissances étrangères, qui ont décidé de faire main basse sur les richesses du Congo. Ce sont ces mêmes puissances étrangères en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda qui jouent à la perfection des rôles apparemment dissonants, mais qui rentrent dans une logique bien définie. Ils sont en effet tantôt pyromanes tantôt sapeurs-pompiers. Ils ont créé, financé, équipé, commandé le M23 pour que cette pseudo rébellion déstabilise la RDC dans sa partie Est. C’est encore eux qui ont aidé le mouvement rebelle ou plutôt le mouvement rebelle les a aidés à prendre la ville de Goma pour faire plier Kinshasa. Face à la désapprobation de la communauté internationale, ils ont fait marche arrière. Le M23 prévient toutefois qu’il reviendra pour finir le travail entamé si Kinshasa n’ouvre pas le dialogue qu’il réclame.
On attendra de voir la réaction de l’Ouganda et du Rwanda face au nouveau rapport des experts onusiens. Eux qui sont passés maîtres dans l’art de tout réfuter, auront sûrement des arguments à faire valoir pour se disculper, même pour des faits avérés et qui ne sont que des secrets de polichinelle.
Qui a dit que les rebelles du M23 qui prennent leurs ordres auprès de James Kabarebe étaient les nouveaux libérateurs ?
Franck Baku

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