Vous avez dit inégalités salariales ?

Lundi dernier, devant la représentation nationale lors de la présentation du projet du budget 2013, Matata Ponyo a promis de lutter contre les inégalités salariales notamment en faveur des policiers et des militaires. Voilà qui est bien dit. Le Premier ministre croit avoir trouvé la solution pour satisfaire militaires et policiers en ponctionnant dans les frais de fonctionnement des institutions politiques.
Facile à dire, mais pas à faire. Matata Ponyo dont on connaît la ténacité devra se montrer persuasif pour faire fléchir les députés et les sénateurs. La réduction du train de vie des institutions politiques nationale passe inexorablement par la réduction des frais de fonctionnement du gouvernement et du parlement. On voit déjà députés, sénateurs et ministres faire la moue puisque devant s’attendre à voir leurs émoluments être réduits afin de faire un geste en faveur des militaires et policiers.
Question tout de même : combien d’argent va-t-on défalquer des émoluments du chef de l’Etat, des ministres, des députés, des sénateurs et autres grands commis de l’Etat pour opérer une redistribution de la manne ainsi constituée ? On ne le sait. Matata Ponyo a tout de même promis de prendre langue avec les concernés pour qu’ils acceptent de participer à cet effort de réduction des inégalités salariales. Dans les couloirs de l’assemblée nationale, on a déjà entendu une critique encore sourde à cette éventualité. Même si l’on défalquait l’équivalent de 2000 $US sur les émoluments des 600 parlementaires (500 députés et 100 sénateurs), le pactole engrangé s’élèvera à 1.200.000 $US, soit 1.160.000.000 FC à redistribuer entre 150.000 à 200.000 policiers et militaires. Au final, chacun d’eux s’en tirera avec moins de 6000 FC.
C’est sans doute peu, mais ce serait un début si la même opération peut être appliquée sur les émoluments du président de la République, des membres du gouvernement et des grands commis de l’Etat. Il est fort peu probable dans tous les cas que les militaires et les policiers atteignent l’équivalent de 100$US que M’zee Laurent-Désiré Kabila payait aux militaires et policiers les moins gradés à son accession au pouvoir en 1997. On ne sait du reste pas par quelle magie il avait réussi ce tour de force.
Le premier ministre se doit de savoir que ce ne sont pas seulement les policiers et les militaires qui ont besoin d’un véritable coup de pouce, mais l’ensemble des agents de l’Etat à des degrés divers. Pour ce faire, il doit boucher les trous par où s’évaporent les recettes de l’Etat. Comment comprendre que des agents de la DGRAD, de la DGI et de la DGDA qui ne touchent qu’un salaire de moins de 100.000 FC par mois et des primes qui n’excèdent pas 300.000 FC par mois, soient capables de construire des immeubles à la pelle tant à Kinshasa que dans d’autres villes du pays ? Si l’on contrôlait mieux les recettes de l’Etat, le budget de l’Etat devrait atteindre au minimum l’équivalent de 10 milliards $US et non les 7,5 milliards prévus pour 2013.
Franck Baku

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