Viol par-ci, viol par là

Après Eugène Diomi Ndongala Nzomambu accusé de viol sur deux mineures, voici Adolphe Onusumba Yemba, accusé lui aussi du même délit sur une prétendue mineure. Si les deux hommes sont tous députés nationaux, le premier est porté disparu tandis que le deuxième, membre de la majorité présidentielle, est placé depuis lundi en résidence surveillée par la cour suprême de justice.
Ancien du RCD/Goma, mouvement rebelle dont il fut président durant une courte période avant de devenir ministre de la défense de la RDCongo au cours de la transition 1+4 pour le compte du même RCD, le député Onusumba risque le double de la peine qui pourrait lui être infligé s’il est prouvé que la fille est bel et bien un enfant. Selon la loi portant protection de l’enfant, est considéré comme enfant, toute personne âgée de moins de 18 ans. La peine infligée en cas de viol sur enfant est de sept à vingt ans de prison et une amende de 800.000 FC à 1 million de FC. La peine est doublée si le « violeur » a un ascendant sur l’enfant. Dans le cas d’espèce, on sait qu’Onusumba Yemba est le tuteur de Mireille Owale Kalema.
Si le député ne nie pas avoir eu des relations sexuelles avec la jeune fille, on notera qu’il parle de relations consentantes et affirme que la jeune fille n’est nullement un enfant. Pire, il affirme être victime d’un piège ourdi par les parents de la fille et avoir cédé au harcèlement exercé sur lui par la jeune fille, qui serait, selon lui, âgée de 22 ans.
Voilà une nouvelle affaire de mœurs qui donne matière à réflexion, dans la mesure où elle met en vedette un acteur politique, un législateur par-dessus le marché, qui siégeait à l’assemblée nationale aussi bien lors de l’examen de la loi portant protection de l’enfant en 2009 et des lois de 2006 portant modification et complément du code pénal congolais et du code de procédure pénale congolais dites encore lois sur les violences sexuelles.
On attendra avec impatience les informations que va livrer sur cette affaire l’expertise médicale demandée afin de déterminer l’âge de la prétendue victime et celle de la CENI pour confirmer l’authenticité de la carte d’électeur de la plaignante produite par la défense d’Adolphe Onusumba.
Si l’expertise médicale confirme que Mireille n’est qu’un enfant, Onusumba risque gros. Mais la fille ne s’en sortira pas indemne si la CENI confirme, elle aussi, l’authenticité de la carte d’électeur. Elle encoure la peine prévue par la loi pour s’être fait enrôler sans avoir l’âge requis pour ce faire. Voilà qui promet.
Franck Baku

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