Pas toujours propres, ces opposants congolais!

Accusé de viol sur deux mineures, Eugène Diomi Ndongala est porté disparu depuis près de deux mois. Député national élu de Kinshasa, président de la Démocratie chrétienne, soutien appuyé d’Etienne Tshisekedi dont il n’a cessé de revendiquer la victoire à la présidentielle de novembre 2011, leader de la « majorité présidentielle populaire », une plateforme destinée à asseoir les actions devant aboutir à la « vérité des urnes », Diomi Ndongala pourrait voir son immunité parlementaire levée au cours de cette session parlementaire.
Il en est de même de Roger Lumbala, autre député élu de l’opposition. Accusé de connivence avec les rebelles du M23, arrêté à Bujumbura où il avait été placé en résidence surveillée, il a réussi à se soustraire à la vigilance de ses geôliers avant de se refugier à l’ambassade d’Afrique du Sud, d’où il a pu obtenir un sauf-conduit qui lui a permis de se refugier à Paris depuis le dimanche dernier. Lui aussi pourrait voir son immunité parlementaire levée.
Deux affaires somme toute embarrassantes pour l’opposition qui n’avait pas besoin de ces faux pas alors qu’elle doit se poser en alternative au pouvoir actuellement en place. On peut ergoter sur la substance de ces deux affaires, supputer sur leurs tenants et aboutissants, parler de complot, une chose est vraie : les deux opposants ont fait preuve d’amateurisme. Comment peut-on se permettre de chercher à côtoyer les rebelles du M23 via le Rwanda alors même que l’immense majorité de l’opinion nationale est remontée contre ces rebelles englués dans le plan de balkanisation de la RDC.
On peut crier au complot, au piège ou trouver des explications alambiquées au séjour controversé de Roger Lumbala à Bujumbura, tout cela ne résiste pas aux faits. A vouloir trop jouer au casse-cou, on risque soi-même de se rompre un jour les vertèbres cervicales. A trop jouer au plus royaliste que le roi, on finit par se perdre. Quant à Diomi Ndongala, tant qu’on ne connaît pas le fin mot de l’histoire qui lui vaut aujourd’hui des ennuis, on ne saurait trop le blâmer. Lui qui se savait surveillé à cause de son activisme aux côtés du « sphinx de Limete » n’a toutefois pas été suffisamment prudent. Une banale affaire de mœurs le contraint à s’éloigner des siens. Que dire de ses ambitions politiques? Ruinées.
On peut toujours parler d’un piège lui tendu, mais les faits sont là patents : il s’est passé quelque chose de pas très clair et que lui seul pourrait éclairer un jour, s’il refait surface. Voilà des faits qui ne grandissent pas l’opposition. Elle qui devrait donner l’exemple, afin de gagner la confiance de la population, se complait à des errements qui pourraient ternir à la longue son image.
Franck Baku

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