Sommet de la francophonie : la realpolitik plus forte que Hollande

La realpolitik aura donc finalement eu raison de François Hollande. Après moult hésitations, le président français s’est résolu à participer au sommet de la francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre prochain à Kinshasa. S’il consent à se rendre dans un pays où les élections présidentielle et législatives de novembre 2011 ont été jugées chaotiques et leurs résultats peu fiables et où les droits de l’homme ne sont pas toujours respectés, le président français s’est voulu réaliste. L’Afrique est le plus grand réservoir de francophones au monde et la RDC est le pays francophone le plus peuplé du continent noir. Ce n’est pas peu !
Si le président français entend tenir à Kinshasa un discours dit de vérité pour le respect d’idéaux et principes, il entend également insuffler une nouvelle dynamique à la diplomatie française envers ses partenaires africains. « Tout dire partout et faire en sorte que ce qui soit dit soit fait », est en effet la nouvelle toile de la politique africaine de la France, telle que dessinée lundi à Paris par François Hollande à l’ouverture de la conférence annuelle des ambassadeurs français.
La venue du président français à Kinshasa qui attirera de nombreux autres chefs d’Etat africains peut être considérée comme une défaite pour des opposants qui ont multiplié des déclarations contre la tenue du sommet en RDC, allant jusqu’à proposer sa délocalisation pure et simple. Mais, voilà, la politique a ses raisons que la raison ignore. François Hollande a beau être socialiste. Il a beau être opposé à la « Françafrique », rien n’y fait. Avant lui, un autre socialiste, François Mitterrand avait suscité d’immenses espoirs. Malgré le discours de La Beaule de 1990 et sa prime à la démocratie, la realpolitik s’était imposée.
Au jour d’aujourd’hui, on ne peut pas dire que François Hollande soit englué dans la « Françafrique ». L’homme donne l’impression de vouloir développer une autre politique africaine pour la France, loin des prismes de l’Afrique des papas et des héritiers. Maintenant qu’il a mis fin au suspense sur sa participation au sommet de la francophonie en octobre à Kinshasa, il sera attendu sur le discours qu’il y tiendra. Et plus que le discours, ce sont les actes qui compteront pour les Africains, les Congolais. Au-delà de l’apparat, c’est la suite en effet qui est le plus important.
Face au tripatouillage des constitutions pour rester indéfiniment au pouvoir ; face à des élections truquées aux résultats connus d’avance ou fabriqués à coups de bourrage des urnes ou de falsification des procès-verbaux sortis des bureaux de vote, la France et pas seulement elle, toute la communauté internationale, doivent se mobiliser pour que les droits politiques et sociaux soient respectés partout où ils sont violés et bafoués et surtout en Afrique.
Franck Baku

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