Enseignement à double vitesse

Dans 12 jours, soit le lundi 3 septembre, c’est la rentrée scolaire. La date a été confirmée par le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), au grand dam des parents d’élèves. Jusque là impayés, ces derniers ne savent à quel saint se vouer, n’ayant pas eu le temps de boucler les préparatifs de cette rentrée tant redoutée. Certains sont si désemparés qu’ils envisagent une rentrée graduelle de leurs enfants à l’école, le temps de réunir les moyens nécessaires pour y faire face. Ce sont les enfants des classes terminales (6èmes années des humanités et 6ème année primaire) qui seraient prioritaires en cas de choix cornélien à opérer. Les premiers ont en point de mire l’examen d’Etat et les seconds le test national de fin d’études primaires (TENAFEP).
Quand des pauvres parents sont obligés de faire des choix difficiles, cela tourne parfois au drame. Que peuvent-ils face à un problème qui semble ne pas trouver de solution depuis des décennies ? Rien. Les promoteurs d’écoles privées ont tellement pris goût à l’argent facile que leurs pratiques s’apparentent parfois à la truanderie. Les gestionnaires des écoles officielles catholiques et protestantes n’y vont pas non plus de main morte. Ici, c’est la pratique de la confirmation de l’inscription qui est en vogue. Il faut débourser entre 100 et 150 $US pour confirmer l’inscription de son enfant, même pour celui qui ne change pas d’école. Ces gestionnaires cupides imposent en plus l’achat des uniformes à l’école et de certains objets classiques ou manuels scolaires. Au bout du compte, les parents sont tellement asphyxiés qu’il faut craindre des arrêts cardiaques ou des AVC.
Cette situation alarmante se passe dans un pays où la constitution stipule à son article 43 que l’enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics. Le chef de l’Etat en personne a donné des instructions depuis deux ans pour que cette disposition constitutionnelle soit respectée et appliquée. Peine perdue. Les gestionnaires ont tellement pris goût à l’argent qu’il ne sert à rien de chercher à le leur rappeler. Il semble que sans les 450 à 750 $US de contribution des parents, ces écoles dites grandes et prestigieuses gérées pour le compte de l’Etat par les catholiques et les protestants ne garderaient pas leur standing ni leur niveau considéré comme élevé d’enseignement.
Devant ces évidences, on se rend bien compte que la contribution des parents au fonctionnement des écoles a de beaux jours devant elle. Cette malheureuse situation crée un déséquilibre dans la qualité de l’enseignement. Ceux qui peuvent débourser 450 à 750 $US rien que pour la contribution des parents hors autres frais peuvent être assurés que leurs enfants auront un enseignement de qualité où les cours d’anglais et d’informatique sont de rigueur. Les autres, ceux qui constituent la plèbe, doivent se contenter d’un enseignement au rabais où les enfants étudient à même le sol, dans des salles de classe mal ou insuffisamment éclairées, dépourvues de toilettes décentes et où le tableau noir a changé même de couleur.
Franck Baku

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