Chapeau bas à Matata Ponyo

Matata Ponyo Mapon n’est peut-être pas un homme généreux dans le sens « kinois » du terme. Il est un peu trop rigoureux pour ne pas dire radin aux yeux des mêmes kinois ou plutôt des Congolais. Il ne libère qu’à compte-gouttes. C’est, semble-t-il, mal vu et considéré par certains comme un défaut. Mais ce défaut est peut-être en train de faire ses preuves.
Qui pouvait croire que la mise en circulation de billets de banque à valeur faciale élevée ou plutôt « adaptée » pour reprendre l’expression trouvée pouvait se faire sans provoquer un emballement des prix et la surchauffe du marché de change ? C’est pourtant ce qui est constaté. Les prix n’ont pas augmenté et les fameux billets à valeur faciale « adaptée » n’ont pas été déversés sur le marché dans des cartons, comme cela se faisait à l’époque du Maréchal.
Matata Ponyo a donc, il faut le reconnaître, réussi ce pari que même le patriarche Antoine Gizenga n’avait pu s’imposer, refusant de plonger le pays dans la tourmente économico-financière. Le premier ministre a relevé le défi, aidé en cela par une équipe qui donne l’impression de se départir des méthodes anciennes.
N’eût été la guerre imposée au pays par le pays des mille collines toujours aussi peu enclin au bon voisinage, Matata Ponyo aurait pu faire des miracles sur le plan économique. A force de ténacité, il pourrait réussir peut-être là où de nombreux vertébrés ont échoué : la maîtrise de la paie des fonctionnaires et agents de l’Etat. Déjà, les fonctionnaires et autres agents de l’Etat sont régulièrement payés, même si ce salaire ne représente pas grand-chose en termes de pouvoir d’achat. Bien plus, la paie par voie bancaire permet de comprendre un peu mieux la hauteur du gâchis financier qui s’opérait dans ce pays depuis des décennies. Des circuits bien ficelés permettaient à des gens de s’en mettre plein les poches, les listings de paie étant gonflés à dessein avec des agents fictifs.
Il est certes vrai que la paie par voie bancaire a ses inconvénients avec toutes ces longues files d’attente durant des heures devant les guichets des banques, mais on ne peut faire une omelette sans casser des œufs. Si les banques commerciales saisissent cette opportunité pour élargir leur couverture territoriale, on ne pourra qu’en tirer des bénéfices.
Finalement, il n’y a que ceux qui profitaient de la magouille instaurée dans le circuit de la paie des fonctionnaires et agents de l’Etat qui se plaindraient. Le gouvernement doit être encouragé dans cette opération afin que pour une fois, l’argent de l’Etat destiné à la paie des salaires n’atterrisse point dans les poches des comptables et autres agents payeurs, qui mènent grande vie avec villas et véhicules 4×4 alors que le Congolais lambda doit se contenter de vivre d’espoirs.
Franck Baku

Un billet de 10.000 francs congolais

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