Chute de Goma ? Non, pas ça !

Ça ne sent pas bon dans l’Est du pays. Les nouvelles du front sont de moins en moins bonnes. Les rebelles ou ceux que l’on peut qualifier ainsi avancent inexorablement vers Goma, la grande métropole du Nord-Kivu avec, semble-t-il, l’idée d’encercler la ville et de la faire tomber entre leurs mains sans combattre. Même l’ONU qui a déployé en RDCongo près de 18.000 casques bleus semble dépassée.
Pour toute réponse à cette menace qui changerait la donne sur le terrain, le conseil de sécurité préfère faire pression sur les soutiens avérés des rebelles, notamment le Rwanda, mis en cause par un rapport d’experts de l’ONU.
Cette nouvelle avancée des troupes rebelles ou plutôt des agresseurs déguisés en rebelles du M23, a de quoi inquiéter les Congolais. Quel est l’agenda des rebelles et de leurs soutiens ? S’agit-il de faire tomber le régime en place à Kinshasa ou tout simplement de réclamer l’application de certaines clauses de l’accord du 23 mars 2009 signé entre le gouvernement congolais et l’ex-CNDP ?
La question mérite d’être posée tant les revendications des rebelles sont brumeuses. Qu’est-ce qui dans ce fameux accord n’a pas été appliqué ? On a beau chercher dans cet accord, on ne trouve rien d’extraordinaire. Les bonzes de ce mouvement rebelle ont reçu des grades. Certains ont été bombardés « généraux », d’autres commandaient des unités de l’armée, ce qui leur a du reste permis de se constituer de stocks d’armes pour soutenir leur « mutinerie » transformée depuis en « rébellion » fortement soutenue par le Rwanda et semble-t-il par l’Ouganda aussi.
Tout se passe comme si on avait fait un bond en arrière de 14 ou 15 ans avec des mouvements soutenus par des puissances étrangères, qui profitent de la faiblesse de l’armée nationale, toujours en construction, 15 ans après la chute du régime Mobutu.
On a ainsi beau être patriote, nationaliste, on ne peut s’empêcher de se poser des questions sur l’incapacité apparente de l’armée à soutenir un long conflit. Quand l’armée nationale qui donnait pourtant l’impression de maîtriser la situation, décroche de plusieurs de ses positions, cela profite naturellement à l’ennemi. Ce dernier avance, conquiert des agglomérations parfois sans combattre et grâce aux renforts en hommes et en armes reçus de ses soutiens rwandais peut mettre en joue la ville de Goma.
La chute de Goma, agglomération urbaine d’un million d’habitants, proche d’un jet de pierre de Gisenyi au Rwanda sera un échec pour le gouvernement en place et pour l’ONU. On ne peut imaginer ce que sera la suite du scénario. Sera-t-on obligé de négocier et pour aboutir à quoi ? Tout cela fait froid au dos.
Franck Baku

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