30 juin : libations ou recueillement ?

Le 30 juin 2012, cela fera 52 ans que la République démocratique du Congo, la nôtre, la seule nous léguée par nos ancêtres est indépendante. D’ordinaire, cette date est marquée par des réjouissances à l’issue de défilés organisés un peu partout au pays. Des bars, terrasses, nganda et autres débits de boissons sont envahis. La bouffe et la bière coulent à flot parfois jusque très tard la nuit. Des couples de circonstance se forment. Les libations se terminent parfois dans des lieux clos loin des regards des autres.
Cette année, les Congolais, nous Congolais, devons prendre conscience que les temps ne sont pas propices aux réjouissances. Non seulement que la crise mondiale qui a des répercussions sur notre économie nous confine à la prudence, mais en plus, la guerre à l’Est du pays devrait nous éviter un spectacle immature. Comment pouvons-nous fêter, nous réjouir, nous lancer dans des libations alors que les compatriotes de l’Est vivent sous les bombes ? Comment nous réjouir à l’Ouest, au centre, au Nord-Ouest, au Sud alors que des centaines de milliers de gens, des Congolais comme nous sont contraints à l’errance ?
NON !!! Il est effectivement honteux d’être heureux tout seul. Ce serait honteux en tout cas pour nous de nous lancer dans de manifestations festives alors que des gens meurent à cause de la guerre dans notre propre pays. Certes, la guerre se déroule parfois à 1000 ou 2000 km de nos agglomérations, mais cette guerre là nous touche tous. Nous n’en connaissons peut être pas les motivations réelles et profondes, mais nous en subissons les conséquences. D’une manière ou d’une autre.
Plutôt que de nous retrouver dans des stades, sur des boulevards pour défiler et ensuite envahir les buvettes pour nous saouler, nous devons nous recueillir, organiser des collectes de fonds afin de venir en aide à nos frères et sœurs du Kivu en détresse. Cette solidarité là ne doit pas être l’apanage des Ong étrangères. Tandis qu’elles mobilisent des fonds pour prendre soin des Congolais déplacés internes et externes, ce serait honteux que des fonds publics soient dépensés pour faire la fête à Kinshasa, à Matadi, à Kananga, à Mbujimayi, à Kisangani, à Mbandaka…
Oui, soyons, une fois au moins, responsables, adultes afin que ce Congo que nous voulons uni, grand et fort soit réellement grand et fort au lieu de subir, depuis 16 ans, l’humiliation lui infligée par des puissances étrangères…avec parfois la complicité des Congolais plus préoccupés par leurs intérêts égoïstes que le bonheur collectif.

Franck Baku (publication dans l’Hebdo Lisapo du 22 juin)

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