Vivement de nouveaux gouverneurs !

Toujours à l’ordre du jour, mais jamais fixée par la CENI, l’élection du gouverneur de la province du Bas-Congo commence à devenir un véritable secret d’Etat. Trois mois déjà que cela dure. Un suspens entretenu par les autorités du pays au point qu’à Matadi les esprits commencent à s’échauffer. Déo Nkusu, le gouverneur intérimaire, qui a pris les rênes du pouvoir à la suite de la démission « clandestine» de Simon Mbatshi n’a plus la côte. C’est du moins ce qui transparaît à travers les déclarations de la classe politique, qui ne le trouve pas à sa place alors que l’homme aligne tout de même huit bonnes années comme vice-gouverneur du Bas-Congo.
Les frasques de Déo Nkusu ont tellement déçu que nombre d’observateurs parlent d’une conspiration visant à le maintenir à son poste, contre vents et marées. Dans les milieux des parlementaires nationaux originaires du Bas-Congo, on accuse les cercles fermés de Kinshasa de rouler pour cet homme qui aurait la main « légère ». Accusation naturellement non prouvées, mais qui ne résiste pas au silence incompréhensible de la CENI. L’institution de Ngoy Mulunda est accusée de laxisme, de manque d’initiative, de n’être pas assez pro-active. Cette dernière se défend à sa façon, arguant qu’elle attendrait une instruction expresse de la Présidence de la République pour mettre en place le calendrier de l’élection des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale.
Accusée elle aussi de bloquer l’élection des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale, la Majorité présidentielle – visiblement et curieusement trop bien informée- soutient que le scrutin aura bel et bien lieu et que le calendrier pour ce faire sera publié à la fin du mois en cours.
Exit donc les arguments soutenant l’inutilité d’une élection d’un gouverneur pour un mandat très court. Le calendrier publié par la CENI a fini par convaincre tout le monde de la nécessité de ce scrutin, car les gouverneurs de province ne seront élus que le 22 juin 2013 et ne seront investis que le 11 juillet 2013, soit dans une année. Alors comment laisser les provinces visées à la merci des intérimaires aux pouvoirs limités. Ces derniers seront d’autant plus faibles qu’ils s’emploieront beaucoup plus, durant cette période, à entretenir leurs soutiens qu’à développer leurs entités.
Il est ainsi grand temps que la CENI publie le calendrier de l’élection des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale et pourquoi pas du Kasaï Occidental, Kabasubabo Katulondji ayant été destitué. Il n’y a en effet aucune raison pour que la loi soit foulée aux pieds sous prétexte de protéger ceux qui sont considérés, à tort ou à raison, comme un moindre mal face à des vautours, prêts à pratiquer la politique de « ôte toi de là pour que je m’y mette », mais qui ont toutes les raisons du monde de réclamer une application sans complaisance de la loi.
Franck Baku (publié dans l’hebdo Lisapo du 13 juin 2012)

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