G8 : 40 milliards $ pour le printemps arabe, rien pour les démocraties noires africaines

Trois chefs d’Etat africains ont été invités au dernier sommet du G8 à Deauville en France. Les présidents de Côte d’Ivoire, de Guinée et du Niger ont certes reçu les félicitations des huit pays les plus riches du monde pour la réussite de leur processus démocratique, mais n’ont pas obtenu le soutien financier nécessaire à l’approfondissement de cette démocratie.
Alors que le G8 met 40 milliards de dollars sur la table pour venir en aide ou mieux soutenir la Tunisie et l’Egypte, les trois pays africains félicités n’ont eu droit qu’à des applaudissements, rien de plus. Rien en tout cas, même pas un petit milliard pour chacun d’eux. Pourtant, a déclaré Alassane Ouattara le week –end dernier sur Radio France Internationale, la Côte d’Ivoire a besoin de 15 milliards pour les cinq prochaines années afin de sortir de la crise et doper son économie. Celle-ci était jusque là parmi les plus florissantes d’Afrique de l’Ouest, mais les Laurent Gbagbo, Guillaume Sorro, Allasane Ouattara, Blé Goudé et tous les autres ont contribué à la mettre à genoux.
Apparemment, les trois pays africains ne pèsent pas lourd dans la balance pour le G8. Ils peuvent se contenter de promesses d’aides, qui les obligent à passer par de programmes d’ajustement structurel avec le FMI et la Banque mondiale. Quant aux pays d’Afrique du Nord, ils sont choyés. 40 milliards de $ d’aides sont sur la table pour eux. La Tunisie et l’Egypte emportent un véritable pactole qui devrait les aider à soutenir leurs économies.
Tout porte à croire que la Tunisie et l’Egypte sont plus importantes pour le G8 que les pays africains. La déstabilisation de la Tunisie et de l’Egypte devrait en effet avoir des effets directs en termes d’immigration en Europe. La France et l’Italie, membres du G8, qui craignent un flot ininterrompu de Tunisiens sur leurs terres ont convaincu les autres grandes puissances économiques à réunir les 40 milliards pour limiter les dégâts. Les Etats-Unis qui ont en arrière plan la sécurité d’Israël préfèrent une Egypte stable politiquement et économiquement. D’où un accompagnement du printemps arable à coups de milliards de dollars américains.
Les Africains au Sud du Sahara doivent se rendre à l’évidence qu’ils sont quantité négligeable. Ils doivent d’abord passer par une cure indigeste des organismes de Bretton Wood. Ce revers devrait les inciter à plus de prudence dans leurs relations avec le monde occidental auquel adhère malheureusement la Russie.
Franck Baku

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