Dette congolaise effacée… et après?

On l’attendait avec des appréhensions. On craignait un dernier couac avec une sorte d’épreuve de forces engagée par le Canada. Finalement, la bonne nouvelle a été annoncée au soir du 30 juin par le Fonds monétaire international (FMI) et confirmée le 1er juillet par la Banque mondiale. Près de 12,3 milliards de dettes extérieures de la République démocratique du Congo (RDC) effacés. La RDC a, pour ainsi dire, atteint le fameux « point d’achèvement » de l’initiative pays pauvre très endetté (PPTE).
La dette effacée ou allégée, la RDC se doit de poursuivre une politique de rigueur financière pour ne plus retomber dans les erreurs du passé. Les finances du pays doivent être l’objet d’une attention soutenue. Le pays ne devrait dépenser que ce qu’il possède. Il n’est nullement question de recourir à la planche à billets auprès de la Banque centrale pour financer les dépenses de l’Etat, soulignent les institutions financières internationales, qui sont sur le qui-vive à cause de près de 6 milliards de dollars de dettes contractées auprès de la Chine. La dette envers des banques chinoises a ceci de particulier que les fonds ainsi récoltés servent à construire des infrastructures routières et sociales en échange de l’exploitation des immenses richesses minières du pays.
Les Congolais, eux, attendent impatiemment les retombées positives de la décision prise le 30 juin et le 1er juillet derniers par le FMI et la Banque mondiale en faveur de la RDC. Le paiement de la dette ne devrait plus être considéré comme une excuse pour ne pas financer des projets sociaux ou valoriser la vie des citoyens. Après des années passées à payer le service de la dette, les Congolais ont le droit de souffler un peu. Les ressources dégagées – on parle d’au moins 50 millions de dollars américains par mois – doivent être utilisées judicieusement. Des projets liés à la construction et l’équipement des écoles, des hôpitaux, des routes ou encore à l’approvisionnement en eau et en électricité sont les priorités. Les Congolais attendent également voir les salaires améliorés ou au minimum, payés régulièrement.

Après les débats du Conseil d’administration sur la RDC, M. John Lipsky, Premier Directeur général adjoint et Président par intérim du FMI, a prononcé la déclaration ci-après :

« Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont exécuté de manière satisfaisante leur programme économique en dépit d’une situation économique, sociale et sécuritaire difficile. La RDC a rempli les conditions pour atteindre le point d’achèvement au titre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et est admise à bénéficier d’un allégement de la dette supplémentaire au titre de l’initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM). Cet allégement réduira considérablement la charge de la dette du pays et permettra de dégager la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour des programmes de lutte contre la pauvreté.

« Il sera essentiel de mener une politique budgétaire prudente et crédible pour consolider la stabilité macroéconomique et assurer la viabilité des finances publiques. La politique budgétaire des autorités pour 2010 vise à continuer de réduire le recours de l’État au financement de la banque centrale. Il sera essentiel de bien appliquer les mesures de mobilisation de recettes et de s’en tenir strictement aux engagements de dépenses et aux plans de trésorerie afin d’atteindre les objectifs budgétaires.

« Pour préserver la viabilité de la dette après l’allégement de la dette au titre de l’initiative PPTE renforcée et de l’IADM, il faudra gérer la dette prudemment. Les autorités sont déterminées à satisfaire leurs besoins de financement extérieur à l’aide de dons et de prêts très concessionnels.

« La politique monétaire restera axée sur la maîtrise de l’inflation. Le taux d’intérêt directeur restera largement positif en termes réels afin d’éviter la réapparition de tensions sur le taux de change et l’inflation. Les mesures prises récemment pour améliorer la coordination entre la banque centrale et le Trésor en ce qui concerne la gestion des liquidités devraient contribuer à bien maîtriser les agrégats monétaires.

« Les autorités ont l’intention d’accélérer les réformes structurelles visant à renforcer la gestion économique et la réaction de l’offre. Il s’agit d’améliorer l’administration des recettes et la gestion des finances publiques, et de s’attaquer aux déficiences du secteur financier. Les autorités sont fermement déterminées à améliorer la gouvernance et la transparence, et à faire respecter l’état de droit dans les activités économiques, en particulier dans les secteurs du pétrole et des mines, ce qui est essentiel pour les investissements directs étrangers et l’aide des donateurs à l’appui de leurs objectifs de développement. »

Franck Baku

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