Décompte macabre : 113 journalistes tués en 2009 dans le monde

113 journalistes assassinés dans le monde en 2009. C’est le décompte macabre établi par la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ). Pour cette organisation, l’année 2009 aura été l’une des pires années pour la presse. «2009 a été l’une des pires années pour les meurtres ciblés de journalistes» et la «FIJ appelle aujourd’hui à ce que les gouvernements et les Nations unies agissent davantage pour protéger les journalistes», a-t-elle indiqué dans un communiqué publié mercredi 30 décembre.
Ce sont en fait en tout 137 journalistes et travailleurs des médias qui ont été tués en 2009, dont «113 assassinats ciblés ». C’est le nombre le plus élevé jamais enregistré. Les 24 autres morts sont considérées comme « accidentelles », selon cette organisation basée à Bruxelles.La FIJ a dénoncé l’inaction des Etats, auxquels l’ONU avaient pourtant demandé en 2006, a-t-elle rappelé, «de prendre des mesures pour protéger les journalistes et les médias dans les zones de conflit».Philippines, Mexique et Somalie indexés
Les Philippines, le Mexique et la Somalie sont «les pays les plus dangereux pour les journalistes», a affirmé la FIJ, évoquant «l’effroyable massacre de 31 journalistes et travailleurs des médias aux Philippines en novembre et les récentes violences à l’encontre de nos collègues au Mexique et en Somalie».
La baisse du nombre d’assassinats de journalistes enregistrée dans le monde en 2008 -soit 109- «n’aura pas duré longtemps», a déclaré Jim Boumelha, le président de la FIJ cité dans ce communiqué.
Pour la seconde année consécutive, la région Asie-Pacifique est la plus meurtrière, avec 51 journalistes et travailleurs des médias tués, en raison notamment du score philippin (38 sur l’année). Derrière les Philippines, les quatre pays les plus dangereux ont été le Mexique (13), la Somalie (9), le Pakistan (7) et la Russie, qui rejoint cette année le peloton de tête avec six morts. En Irak, pays longtemps le plus dangereux pour les journalistes, les décès dans les médias sont tombés à 5, contre 16 en 2008.
Etabli en collaboration avec l’Insi, l’Institut international pour la sécurité de la presse, pour dénombrer les morts de représentants des médias dans l’exercice de leur métier, le rapport complet de la FIJ sera publié à la mi janvier 2010.
Au vu de ces chiffres en hausse, on peut se demander pourquoi tue-t-on tant de journalistes. Sont-ils dangereux par leurs écrits ? Révèlent-ils des secrets enfouis et que d’aucuns auraient bien voulu garder ? Autant de questions qui donnent à réfléchir.

Léger mieux en RDC ?
En RDC, l’année 2009 aura été la moins mauvaise pour les journalistes congolais depuis quatre ans. Dans son rapport annuel rendu public dernièrement, Journaliste en danger (JED) a recensé 75 cas d’atteintes à la liberté de la presse en République démocratique du Congo au cours de l’année 2009 contre 110 cas pour l’année 2008, soit « une amélioration de la situation de l’ordre de 31,8% ».
« L’année 2009 a pu démontrer une forte tendance à la baisse en termes de nombre d’attaques contre les médias et les journalistes à cause de leur travail. A ce jour, il n’y a aucun journaliste en prison en RDC », s’était réjoui le président de JED, Donat M’Baya Tshimanga. L’explication, avait-il ajouté, est à trouver dans le comportement même des journalistes et dans les méthodes de « répression » qui seraient devenues plus soft. « Face à la série des meurtres contre les journalistes depuis 2005 et au fiasco de leurs enquêtes et procès, les journalistes ont pris peur d’aborder, de manière professionnelle, certains sujets qui fâchent comme la guerre à l’Est, la corruption et les détournements », avait souligné le » président de JED.
On notera toutefois qu’un journaliste congolais a encore été tué en 2009 à Bukavu. Il s’agit de Bruno Koko. Ce meurtre est survenu après ceux de Serge Maheshe en juin 2007, Didace Namujimbo en novembre 2008, tous journalistes de Radio Okapi. Bruno Koko Chirambiza, un jeune journaliste de 24 ans, présentateur du journal en Swahili à la radio Star, une radio locale émettant de Bukavu appartenant au député national Pierre Pay Pay, a été tué dans la nuit du 22 au 23 août 2009 au quartier Kasali dans la commune de Kadutu alors qu’il rentrait chez lui. Ce troisième meurtre en trois ans fait du Sud-Kivu, la province la plus dangereuse pour les journalistes en RDC.
Franck Baku

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