Réforme de l’assurance santé : Obama obligé d’amadouer démocrates et républicains

Il faudra à Barack Obama plus que son charme pour faire aboutir l’un des projets phare de sa présidence : étendre l’assurance santé à plus de 46 millions d’Américains qui en sont dépourvus. Le jeune président doit convaincre non seulement les républicains mais également son propre camp, celui des démocrates.

L’on a en effet appris lundi 17 août que l’aile gauche du Parti démocrate a prévenu Barack Obama que si la Maison blanche renonçait à son projet de créer un assureur d’Etat, le projet de réforme de l’assurance santé risquait de ne pas être voté au Congrès. Cette option a, semble-t-il, été envisagée par la Maison Blanche pour calmer la virulente opposition des républicains. Ces derniers n’étant pas disposés à voir l’argent de l’Etat servir pour ce faire. Les républicains sont opposés à la solution privilégiée par Obama et dénoncent une concurrence déloyale dans le secteur des assurances et une formule au coût exorbitant.
C’est ainsi que pour les amadouer, l’administration Obama a fait savoir le week-end dernier que la création d’un assureur santé fédéral n’était pas la seule option étudiée, et qu’il importait surtout d’offrir de nouveaux choix aux Américains et d’augmenter la concurrence. Cela n’est pas de l’avis des démocrates réformateurs, qui voient d’un mauvais œil une sorte de volte-face de Barack Obama. La montée en flèche de la colère de ces démocrates réformateurs prouve, s’il en est encore besoin qu’il sera difficile pour le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis de gagner le soutien des deux camps pour faire voter son projet.
« L’option publique est la meilleure pour faire diminuer les coûts, améliorer la qualité des soins, développer l’offre et accroître la couverture« , a déclaré la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dans un communiqué, ajoutant que la solution d’un grand organisme public et fédéral bénéficie d’un large soutien au sein de la Chambre.
Les démocrates ont apparemment été surpris dimanche 16 août dernier, lorsque la secrétaire à la Santé Kathleen Sebelius a estimé que l’option publique n’était « pas l’élément essentiel » du projet de réforme, et que la solution de mutuelles régionales étudiée par une commission du Sénat pourrait également remplir l’objectif recherché par la Maison blanche.
On rappelle à ce sujet que pour le président Barack Obama l’option d’un assureur public était la meilleure et avait sa préférence. Obama indiquait tout de même que le gouvernement était prêt à faire des compromis sur cette question sensible surtout pour le camp républicain.
Face aux déclarations de la ministre de la Santé qui semblent avoir envenimé la situation, la Maison blanche a réagi, estimant que lesdits propos ne présentaient rien de nouveau. « L’objectif, c’est plus de choix et de concurrence« , a déclaré Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche dont les propos ont été reproduits dans une dépêche de l’agence Reuters. Selon lui, Barack Obama préfère l’option publique « mais s’il y a d’autres solutions, il sera heureux de les examiner ».
Les débats au Congrès reprendront en septembre après le mois de vacances parlementaires.
Il est encore difficile de dire si un abandon de l’option publique amènerait le soutien de suffisamment de républicains pour un vote positif, ou si elle ferait perdre assez de voix démocrates pour un vote négatif.
Voilà qui ne devrait pas donner l’occasion à Barack Obama de s’offrir des vacances calmes. L’actuel occupant de la Maison blanche doit déployer toute la force de persuasion pour convaincre démocrates réformateurs et républicains conservateurs à plus de souplesse. La formule qui sera choisie devrait, pour éviter tout échec, être la moins mauvaise pour tous ces 46 millions d’Américains qui ne peuvent se soigner dignement comme dans un grand pays de la taille des Etats-Unis.
Franck Baku

Une Réponse

  1. Quand même pas la faute des conservateurs si Obama est flou. En plus, à la quantité de républicains élus, pas de leurs fautes si le projet patauge dans molasse. Oui il y a des problèmes dans le système d’assurance privé, mais au lieu de légiférer pour protéger les consommateurs, ça préfère nationaliser le système d’assurance et peut-être plus. Je doute que les compagnies d’assurances fassent plus de profit que celles de cellulaires et autres gadgets. Évidemment, beaucoup de citoyens vivant dans un système de santé socialisé aimeraient bien, ça leur donnerait l’impression que le socialisme est bon. Pas parce que tu donnes des bons de pains aux pauvres qu’il faut nationaliser les boulangeries, créer un ministère du pain…

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