La presse congolaise en perdition

Le 21 juillet, les journalistes congolais se retrouvent pour célébrer la journée de la presse. Mardi, l’UNPC a organisé quelques activités dont une messe d’actions de grâce pour se souvenir des journalistes assassinés en RDC depuis quelques années. L’occasion était belle pour dénoncer les atteintes à la liberté de la presse, mais qu’en est-il de ces patrons de presse trop chiches qui tuent leurs journalistes privés de salaire à petit feu?
Dénoncer les atrocités commises par les sbires du pouvoir, tout cela est bien bon, mais certains ne disent pas tout des maux qui rongent la presse congolaise. En RDC, il naît de journaux, des radios et des télévisions comme des champignons. C’est quasiment tous les jours qu’on annonce la création d’un nouveau média. Ce pourrait être signe de vitalité dans un secteur qui attire de plus de plus de gens. Mais à y regarder de près, on se rend compte que ceux qui créent ces nouveaux médias sont parfois mus par la volonté de puissance. La presse est une façon pour eux d’affirmer leur présence. Ce sont surtout les politiciens qui s’y risquent. Mais il n’y a pas que eux. Des journalistes rebelles décident, eux aussi, de se mettre à leur propre compte, créant des journaux à la pelle.

Des journaux sans adresse fixe, sans matériel, sans ressources et parfois sans journalistes professionnels et qualifiés sont ainsi produits par des moutons noirs, des gens ramassés dans la rue et pour qui la seule référence est qu’ils sont capables de noircir quelques pages d’un journal. On se retrouve donc avec des journaux qui n’ont d’organe de presse que le nom. Le contenu y est sablonneux, pour reprendre la belle expression dédaigneuse d’un ancien premier ministre aujourd’hui sénateur. Les fautes de français et les coquilles se comptent en dizaines pour un petit article d’une demie-colonne. Le style employé est loin de répondre aux rudiments du journalisme. On ne serait donc pas étonné que la presse ait mauvaise presse dans l’opinion, contraignant bien de lecteurs à ne plus débourser leur argent pour se procurer un journal. Au bout du compte, des rentrées insignifiantes dans les caisses, si il en existe.

Résultat: des journalistes impayés durant des mois, mais des patrons qui affichent une bonne mine, roulent carrosse, se construisent des maisons, multiplient des liaisons amoureuses. Ces patrons là, sont aussi mauvais que les tortionnaires. Ils tuent les journalistes à petit feu, alors que les autres tuent par les armes. Paix à Franck Ngyke, Bapua Mwamba, Serge Maheshe, Didace Namujimbo…
Franck Baku

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