Sassou Nguesso : plus fort que lui tu meurs

78,6% des voix. 66% de taux de participation. Denis Sassou Nguesso a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 12 juillet au Congo-Brazzaville dès le premier tour. Son poursuivant direct, l’opposant Mathias Dzon est relégué loin derrière avec un peu plus de 2% de voix. Ridicule, même si le président réélu n’approche pas les 82% de la dernière élection présidentielle, celle de 2002.
L’opposition n’a donc pas réussi à faire vaciller le fauteuil de Denis Sassou Nguesso qui va bientôt inaugurer un nouveau septennat alors qu’il totalise déjà 25 ans au pouvoir. Le président réélu a aussitôt les résultats « complets mais provisoires » connus, fait éclater sa joie et appelé au rassemblement, indiquant qu’il était le président de tous les Congolais et que les joutes électorales appartenaient désormais au passé. Une façon bien subtile d’inviter les opposants à plus de responsabilité et à ne pas s’engager sur la voie tortueuse de la déstabilisation d’un pays qui a vécu bien des heures sombres avec la guerre civile. Les opposants qui contestent la transparence du scrutin ont paré d’achat de vote, de bourrage des urnes et de gonflement des chiffres, estimant le taux de participation autour de 20%, soit un taux d’abstention proche de 80%. Leurs accusations ne sont pas confirmées par les observateurs de l’Union africaine et de la CEEAC, qui n’ont constaté aucune fraude pouvant remettre en cause la transparence du scrutin et partant des résultats qui devraient être validés par la Cour constitutionnelle. C’est normal. Les observateurs africains ne constatent jamais rien de bien grave. C’est à se demander s’ils font vraiment de l’observation électorale ou sont-ils juste là pour légitimer les régimes en place.
Quoi qu’il en soit, ce qui arrive au Congo est aussi la marque de la désorganisation de l’opposition. Comment six opposants candidats à l’élection ont-ils appelé au boycott du scrutin sans toutefois retirer leurs candidatures. C’est tout simplement aberrant. Bien plus, en appelant au boycott, n’ont-ils pas, d’une certaine façon, fait le lit de Denis Sassou Nguesso, qui avait devant lui un boulevard pour continuer à diriger le pays.
Question tout de même : que fera Denis Sassou Nguesso de ce nouveau pouvoir ? Que va-t-il réaliser qu’il n’a pas fait 25 ans durant ? Pendant la campagne, il a promis de parachever des chantiers ouverts et d’en ouvrir d’autres. Doit-on le croire sur parole ? Difficile. Pour un pays producteur de pétrole qui a eu à bénéficier du boom au moment où le prix du baril a atteint des sommets autour de 125 à 140 $ US, Brazzaville ne présente pas une image reluisante. Des nids de poule un peu partout. Des bâtiments qui gardent les stigmates de la guerre, 12 ans après les affrontements entre Ninjas et cobras, c’est inadmissible. Denis Sassou Nguesso doit se montrer un peu plus sérieux et moins populiste et dépensier qu’avant s’il veut entrer dans l’histoire par la grande porte.
Franck Baku

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