L’UA inflige un carton rouge à la CPI

Pas contente de la Cour pénale internationale (CPI) et surtout de son procureur, Luis Moreno Ocampo, l’Union africaine l’a fait savoir. Etant donné que sa requête visant à faire ajourner l’inculpation de Bachir n’a jamais été suivie d’effet, l’Union africaine vient de décider que ses Etats membres ne coopéreront pas avec la CPI à l’arrestation et au transfert à la CPI du président soudanais Omar al Bachir. Conformément aux dispositions de l’article 98 des statuts de Rome de la CPI, l’UA allègue que le président Bachir bénéficie de l’immunité.
Réunis en sommet à Syrte en Libye, les chefs d’Etat d’Afrique ont carrément infligé un « carton rouge » au procureur de la CPI. Les grands de l’Afrique ont noté, avec indignation, que les seuls prévenus actuels de la CPI sont tous des Africains, comme si le continent noir était le seul lieu où se commettent les crimes relevant de la compétence de la CPI. Le texte proposé par la Libye a été adopté quasiment à l’unanimité. Seul le Tchad s’est abstenu. L’abstention du Tchad est sans doute justifiée par la crise qui secoue les relations entre ce pays et le Soudan. Ndjaména applaudirait surement l’arrestation du président soudanais, Omar al Bachir, qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour les crimes commis au Darfour, cette province du Soudan en proie à la rébellion. Ndjaména qui accuse le Soudan d’aider les rebelles tchadiens ne pouvait que s’abstenir. On note toutefois que la République Centrafricaine a voté la résolution de l’Union africaine, elle qui avait décidé de confier à la CPI le dossier sur les crimes commis sur son territoire notamment par les troupes du MLC en 2002 et 2003. C’est à la suite de ce transfert que des poursuites ont été engagées par la CPÏ contre le président du MLC et ancien vice-président de la RDC entre 2003 et 2006. Le mandat d’arrêt délivré sous scellés par la CPI en mars 2007 avait permis l’arrestation du leader du MLC à Bruxelles et son transfert à la prison de La Haye. La procédure quant à l’ouverture du procès suit son cours alors même que des dirigeants centrafricains n’ont jamais été inquiétés par la CPI.
On note également que la RDC qui compte le plus grand nombre de détenus à la CPI (Germain Katanga, Mathieu Ngundjolo Chui, Thomas Lubanga et JP Bemba) ne s’est pas opposée à la résolution de l’UA suspendant sa coopération avec la CPI dans le cadre du dossier Omar al Bachir. On sait que la RDC a refusé d’arrêter et de transférer Bosco Ntaganda, qui est lui aussi, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI.
Il est grand temps que la CPI donne des gages de l’extension de son action à d’autres continents. Les crimes commis au Liban ou dans les territoires occupés par l’armée israélienne ou encore les crimes commis par l’armée géorgienne en août 2008 dans les provinces dites séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Nombreux sont ceux qui estiment que Mickael Saakhasvili devrait être déféré à la CPI. On ne peut l’envisager pour l’instant, l’homme étant considéré comme un protégé des Occidentaux. D’où la colère de certains en Afrique qui affirment que la CPI n’est qu’un machin qu’utilisent les Occidentaux pour terroriser les dirigeants africains et re-coloniser les pays d’Afrique. Question tout de même: que font les dirigeants africains pour être exempts de reproches en matière de respect des droits de l’homme? Pas grand chose!
Franck Baku

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