Les FDLR : une épine pour la sécurité à l’Est de la RDC

Des civils tués. Des centaines de maisons des paysans incendiées. Des villageois qui se réfugient dans la forêt pour échapper aux exactions multiples et multiformes. Le Sud-Kivu et le Nord-Kivu sont loin de connaître la paix. Les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) n’ont jamais été aussi mobiles, omniprésents et cruels que par la passé et ce, malgré les cuisantes défaites leur infligées par la coalition FARDC-Monuc dans le cadre de l’opération Kimia 2. La tactique de la guérilla pratiquée par les FDLR, qui jouissent curieusement de l’appui de quelques groupes armés congolais dont les Patriotes Résistants Congolais (PARECO) et l’Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLS), complique l’équation.
Des morts et encore des morts inutiles. Des cases incendiées. Des populations déplacées, refugiées parfois dans la forêt sans assistance. Bref, les FDLR sont devenues un véritable problème pour le pays. Alors que le chef de l’Etat se trouvait à Goma au Nord-Kivu dans le cadre des festivités du 49ème anniversaire de l’indépendance, les FDLR prenaient le temps d’incendier 139 maisons dans la localité de Miriki, à environ 200 kilomètres au nord de Goma, en territoire de Lubero. Les éléments des FDLR en ont profité pour piller les biens des villageois. Il s’agirait, semble-t-il, de représailles après la défaite que ces rebelles hutu auraient subie mardi à Kaseghe à Lubero.
Malgré une progression indéniable des FARDC sur le terrain, on constate malheureusement que les FDLR semblent avoir encore une forte capacité de nuisance. Pratiquant la tactique de la guérilla, ces rebelles hutu rwandais pourraient continuer à faire mal durant des années si une action de grande envergure n’est entreprise contre eux. Il y a quelques jours, Willy Mishiki estimait, sur Radio France Internationale, que la RDC devrait envisager rien moins que de faire revenir les troupes rwandaises dans la région afin de s’attaquer à ces rebelles des FDLR. Pour lui, les soldats rwandais seraient plus motivés pour faire face à la menace que constituent les éléments des FDLR. Reste à voir. Si personne ne s’oppose formellement à une autre opération conjointe FARDC-forces rwandaises au Nord-Kivu, tout devrait se faire au grand jour afin que personne n’y trouve des visées cachées. La communauté internationale devrait, pour sa part, faire pression sur le pouvoir rwandais afin qu’une solution « politique » soit trouvée avec ces fameux rebelles des FDLR. On sait toutefois que de milliers de combattants hutu rwandais ont regagné leur pays à la faveur du programme DDR.
Ci-dessous le rapport de la Monuc sur les événements survenus à l’Est du pays durant la semaine dernière.
« Au Nord-Kivu, la tension entre l’Alliance des Patriotes pour un Congo Libre et Souverain (APCLS) et les FARDC dans la région de Nyabiondo demeure un sujet de préoccupation.
La situation militaire et sécuritaire était aussi marquée par plusieurs rapports au sujet d’une collaboration possible entre les anciens groupes armés et les Forces démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), notamment l’APCLS à Nyabiondo et les Patriotes Résistants Congolais (PARECO) au Sud de Lubero.
Dans le contexte de l’opération KIMIA 2, les FARDC ont lancé des opérations contre les FDLR dans la région de Luhanga, située à 40 kilomètres au Nord-ouest de Kanyabayonga et dans la région de Kibua-Walikale, située à 40 kilomètres à l’Est de Mutongo. Cinq éléments des FDLR auraient été tués.
Différentes armes et munitions ont été saisies et un élément des FDLR a été arrêté. D’autres opérations commencées le 24 juin 2009 ont également été menées contre les FDLR à Chanika, au Sud de Kamandi, dans le territoire de Lubero, situé à 29 kilomètres à l’Est de Kirumba et plusieurs éléments des groupes Mayi-Mayi et des PARECO ont été de nouveau aperçus dans les combats à côté des FDLR. Treize corps des éléments appartenant à ces groupes armés tués lors de ces opérations ont été retrouvés. A la même date, des combats entre les FARDC et les éléments Mayi-Mayi au village Misau, situé à 20 kilomètres au Sud-ouest de Pinga, ont occasionné la mort de sept éléments Mayi-Mayi.
Le 27 juin 2009, les éléments des FDLR ont attaqué la position des FARDC à Kisheguru, situé à 17 kilomètres de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru. Deux militaires des FARDC ont été tués, un autre soldat et une personne civile ont été blessés. Par ailleurs, près de 25 huttes ont également été brûlées lors de l’attaque. C’est grâce à l’intervention de la patrouille de la Force de la MONUC, dépêchée sur les lieux et à la participation de la population que le feu n’a pu consumer tout le village.
Le 29 juin 2009, près de 40 éléments des FDLR ont simultanément lancé une attaque sur deux fronts contre la compagnie des FARDC basée à Kaseghe, situé à 24 kilomètres au Nord de Kanyabayonga, dans la direction Ouest et Nord-ouest. Les FARDC ont riposté aux assaillants et ces combattants des FDLR ont fui dans la forêt.
Cependant, le 30 juin 2009, approximativement 80 éléments de la coalition FDLR et PARECO ont de nouveau attaqué la même position des FARDC. Suite à la riposte immédiate des FARDC, cinq assaillants furent tués et deux autres combattants arrêtés, y compris un enfant soldat. Cinq armes ont également été récupérées. Sept soldats des FARDC ont aussi été blessés dans les combats. La patrouille de la Force de la MONUC dépêchée dans la zone a immédiatement sécurisé le village et dominé le terrain.
Au Sud-Kivu, la semaine dernière, le commandant des FARDC des opérations KIMIA 2 a annoncé la récupération de plusieurs bases des FDLR dans les territoires de Shabunda, Walungu, Kabare, et Kalehe. La stratégie visant à déloger les éléments des FDLR des zones lucratives et une sensibilisation concomitante s’avérera nécessaire pour éradiquer la présence des FDLR au Sud-Kivu. Cependant, les FDLR ont poursuivi leurs attaques de représailles sur les civils, comme celle du 22 juin 2009 au village Kibanda et du 26 juin à Bitale. Le 23 juin 2009, les FARDC ont repoussé les attaques des FDLR à Kubulungu, Masiba, Chibati et Kahungu.
Les FARDC ont mené des opérations au Nord de Hombo en éradiquant les FDLR dans cette région sans subir des pertes dans leur rang, et sans que la population civile soit touchée. Le même résultat a été observé à Chanzu, dans le secteur de Bunyakiri, où 9 éléments des FDLR ont été tués et 7 armes récupérées. Par ailleurs, selon les FARDC, 53 combattants des FDLR ont été arrêtés. La Force de la MONUC continue pour sa part à fournir un soutien logistique aux FARDC.
Toutefois, le 28 juin 2009, deux véhicules des FARDC transportant des ravitaillements sont tombés dans une embuscade tendue par les éléments des FDLR dans la région de Kasika, située à 25 kilomètres de Mwenga et dans le territoire de Mwenga. Trois personnes, dont un officier des FARDC, ont été blessées et les deux véhicules des FARDC ont été détruits lors de cet incident. Les éléments des FDLR ont tiré sur une patrouille conjointe de la Force de la MONUC et des FARDC, dépêchée sur place. La patrouille a riposté
». Voilà qui devrait préoccuper au plus haut point les autorités congolaises.
Franck Baku

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