Mamadou Tandja : la folie des grandeurs

Mamadou Tandja est-il devenu « fou » ? « Non », assurent ses proches qui font valoir que le président assume pleinement ses responsabilités au regard des pouvoirs exceptionnels que lui confère l’article 53 de la constitution. Après avoir renvoyé le parlement qui s’opposait à son projet de referendum constitutionnel, il vient de révoquer les décrets nommant chacun des sept membres de la cour constitutionnelle. La cour constitutionnelle s’était en effet opposée à revoir son arrêt déclarant la convocation d’un référendum anticonstitutionnelle.
Gouvernant quasiment seul après avoir dissout le parlement et la cour constitutionnelle, Mamadou Tandja peut avancer avec ses projets funestes. A 71 ans et après deux mandats successifs depuis 1999, il veut se maintenir au pouvoir alors que son second et dernier mandat possible arrive à terme le 22 décembre prochain. Pour l’heure, il tient à organiser un référendum qui lui permettrait de modifier la constitution, lui donnant ainsi la possibilité de briguer autant de mandats qu’il veut. La VIème République qu’il va inaugurer serait précédée d’une période de transition de trois ans, qu’il va naturellement conduire.
Le parlement dissout, la cour constitutionnelle reformée, la voie royale est tracée pour Mamadou Tandja qui montre ainsi sa vraie face, celle d’un dictateur qui ne veut nullement lâcher le miel du pouvoir qu’il a eu à goûter durant les dix dernières années.
Mamadou Tandja ne fait pas mieux que ses nombreux collègues africains qui ont recouru aux mêmes procédés pour rester éternellement au pouvoir. S’il le voulait Mamadou Tandja serait même capable de nommer les membres du parlement provisoire. Déjà, il va nommer de nouveaux membres de la cour constitutionnelle, soit 7 au total. En fait, lui va désigner trois des sept membres. Le ministre de la justice en nommera trois et un dernier sera désigné par le recteur de l’université parmi les juristes que compte cette institution. En pratique, les sept membres de la nouvelle cour constitutionnelle seront nommés par lui et seront certainement des fidèles qui ne pourront pas s’opposer à sa volonté dictatoriale.
Les méthodes musclées employées par Mamadou Tandja pour rester envers et contre tout au pouvoir, éclaboussent de la mauvaise façon un homme qui n’était pourtant pas si mal vu au regard de sa gestion de la res publica. Comme toujours, le pouvoir l’a corrompu. Et sans doute encouragé par son entourage qui lui fait croire qu’après lui ce serait le déluge, il estime de son devoir divin de rester au pouvoir.
Dommage pour l’Afrique ! Question tout de même : pourquoi les dirigeants africains font-ils élaborer des constitutions qu’ils font approuver par référendum où il est prévu la limitation de mandats présidentiels ?
Franck Baku

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :