Incroyable: les politiciens veulent encore se partager les entreprises publiques

Les décrets du Premier ministre Adolphe Muzito rendus publics le 24 avril dernier sur la transformation des entreprises publiques ont produit, comme il fallait s’y attendre, l’effet d’une bombe tant dans l’opinion que dans les milieux politiques. Ils ont été accueillis et interprétés par chacun selon ses propres intérêts. Pour les travailleurs des entreprises concernées par lesdits décrets, la préoccupation fondamentale est de savoir si la réforme ainsi enclenchée ne va pas entraîner la suppression de nombreux postes avec à la clef des licenciements massifs. Les politiciens pour leur part s’attendent à bénéficier pleinement de ce chambardement, l’occasion leur étant offerte d’occuper ou de placer leurs frères et clients politiques aux postes de gestion de ces entreprises dépecées.
Certaines informations font état d’une forte pression qu’exercerait le tandem Palu-AMP sur le président de la République en vue de concrétiser au plus vite la décapitation des organes de gestion de ces entreprises. Le but recherché est de caser les aigris politiques qui sont restés longtemps sur le banc de réserve et dont la patience est au bout surtout que le quinquennat actuel court vite et, ce d’autant plus que 2011 approche inexorablement.
Tous les partis politiques et leurs leaders qui ont des dettes « morales » à payer à leurs clients politiques qui les ont soutenus pendant les élections de 2006 voient dans l chambardement des entreprises publiques et celui du gouvernement en vue, une dernière occasion à ne pas rater pour préparer l’échéance électorale de 2001. D’où l’agitation, les coups bas, les messes noires qui s’observent dans certains milieux politiques

Des déceptions en vue !

Tous ceux qui s’agitent ou qui piaffent d’impatience d’occuper enfin des postes de gestion dans les entreprises publiques en transformation pourraient être désagréablement déçus. Il y a en effet une donne importante qu’il faut intégrer dans l’opération : le temps du partage du gâteau est fini dès lors que la transformation des entreprises publiques en entreprises commerciales, en établissements ou services publics a pour effet de diminuer drastiquement le nombre de postes à partager. Alors que pour 56 entreprises on pouvait nommer environ 300 mandataires, la transformation de ces entreprises en sociétés commerciales n’engendrera que moins de 50 postes à pourvoir non plus sur base des critères de partage politicien des postes, mais sur base des compétences éprouvées des gens capables de gérer dans un contexte concurrentiel et sans appui du gouvernement.
On notera par ailleurs qu’il n’y a pas vacance à la tête de ces entreprises transformées, les décrets du Premier ministre précisent du reste que les animateurs des organes de gestion et d’administration desdites entreprises restent en place jusqu’au terme du processus de transformation. Il est donc prématuré et même inutile de s’agiter pour le moment, car il n’y a pas de gâteau à partager. On doit reconnaître que les Congolais mettront du temps avant d’adopter de nouvelles mentalités et voir évoluer les mœurs politiques, les habitudes acquises depuis des décennies restent en effet vivaces dans ce pays où l’on ne veut rien créer mais plutôt s’enrichir en pillant les entreprises de l’Etat. Sale temps donc pour tous les agitateurs et autres assoiffés du pouvoir qui n‘attendent que le moment propice pour jouir des bienfaits d’un dépeçage qui risque de ne pas avoir lieu. Ces agités et politiciens ne parlent en fait que du bout des lèvres de bonne gouvernance sans en intérioriser les exigences. Lorsque tout le monde comprendra que le moment d’acquérir des richesses faciles par des formules de partage des postes au gouvernement ou dans l’appareil étatique est révolu, on aura fait un grand pas vers le développement de ce grand pays.

Question d’opportunité

La transformation de certaines entreprises publiques en sociétés commerciales est la conséquence de la promulgation après le vote au parlement des lois portant réforme des entreprises du portefeuille de l’Etat. La réforme s’imposait d’autant plus que tout le monde est plus ou moins convaincu des contreperformances de ces entreprises en général. Bien plus, cette réforme répond aux recommandations des institutions de Bretton Woods qui ont expérimenté les mêmes méthodes dans d’autres pays.
La crise financière qui secoue le monde actuellement impose toutefois de relativiser cette approche dans la mesure où bien de postulats du capitalisme sur le bienfondé de l’existence des entreprises publiques sont entrain d’être battus en brèche. Force est de constater que même les pays champions du libéralisme économique sont tentés de racheter totalement ou partiellement les sociétés privées et les banques en prime pour endiguer la crise.7
L’opportunité de supprimer ou de privatiser les entreprises publiques en ces temps de crise est discutable et le scepticisme qui engendre cette réforme en ce moment risque de compliquer son application et aboutir à des résultats pires que la situation initiale.
Quoi qu’on dise, le Premier ministre a mal choisi le moment pour lancer la réforme. Certes, les lois existent et il faut les appliquer, mais le contexte économique national et international se prête mal à un tel exercice somme toute périlleux.
A voir les tensions sociales qui couvent dans les entreprises publiées liées aux arriérés des salaires et en l’absence de perspectives d’activités et partant de perte massive d’emplois ; à considérer l’agitation des politiciens qui ne voient que l’opportunité de se partager les postes dans ces entreprises, il y a lieu de se rendre compte que le Premier ministre a jeté de l’huile sur le feu qui risque d’embraser le pays.
Avons-nous la force de voguer à contre-courant par rapport à ce qui se passe à travers le monde ? Comment expliquer qu’au moment où les gouvernements des pays touchés par la crise s’emploient à poser des actes qui ont pour finalité de sécuriser et maintenir les emplois, la RDC ose plutôt risquer de détruire même le peu d’emplois encore existant ? En effet, malgré la précaution prise dans les décrets décriés d’une disposition qui stipule que les contrats des travailleurs demeurent en vigueur, nul n’est dupe. Il est incontestable que la réforme des entreprises du portefeuille passe inévitablement par un licenciement massif, ce qui est contraire à l’une des promesses électorales du président de la République qui a retenu l’emploi parmi ses cinq chantiers.
En ce moment de crise financière internationale, les investisseurs privés n’ont pas assez de marge de manœuvres pour racheter les parts des entreprises en transformation et relancer leurs activités sans un nouveau souffle financier. Il ne reste peut être qu’à vendre ces entreprises à vil prix ou à les dissoudre. Dans tous les cas, la pilule risque d’être très amère après la réforme non seulement sur le plan économique mais aussi social.
Mona Kumbu

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Une Réponse

  1. SOS REAGISSEZ ALLEZ SUR LE BLOG Djemila-Yamina.skyrock.com .je vie sur cerneux 77320 BONJOUR J ESSAYE DE RENTRER EN CONTACT AVEC DES RESPONSABLES VOIR LE OU LA PRESIDENTS DES ASSOCIATIONS DES HARKIS .JE SUIS FILLE DE HARKIS ET DEPUIS LE 6 MARS 2009 JE VIE UN DRAME ON MA ARRACHER MON BEBE DE MON SEIN DE 2 JOURS APRES UN ACCOUCHEMENT AVEC SESARIENNE ON MA MIS UN IMPLAN A MON INSSU ET JETTER DE LA MATER POUR ME FAIRE TAIRE ET PROTEGER UN PEDOPHILE FILS D UN PDG J ADRESSE UNE LETTRE OUVERT AU CHEF D ETAT SUR LE BLOG Djemila-Yamina.skyrock.com .on ma egalement enlever mon autre fille agee de 13ans djemila pour qu elle ne temoigne pas.j ai envoyer2 dossiers a association ni pute ni soumise je me suis rendu a paris dans leur bureau et je trouve honte pour une association qui a etait cree en la memoir d une jeune fille .et que l on ma abondonner mes petits.svp reagissez j ai deposer plainte au pret de la cour europeenne des droits de l hommes on va jusqu a interpeller mes lettre que j adresse aux chef d etat des pays europeen .arabes .ministres questeur .et president de l assemblee nationnal car ce n ai pas possible que sur plus de 60 lettres adressse a divers personne je ne recoie aucun reponse n oublion pas que c est personnes q qui j ai adresser ces lettre son des representands de leurs pays et son tenu de repondre ou son ces lettres voir ces reponse

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