Assemblée nationale : L’opposition fait naufrage face à l’AMP

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Quelques membres du nouveau bureau élu

Une longue nuit électorale. Mais pas de suspens sauf à la questure où Modeste Bahati Lukwebo a essayé, sans y parvenir, de bousculer le candidat officiel de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP). Au bout du compte, Dieudonné Bolengetenge Balea (MSR, Province Orientale) l’emporte sur le questeur sortant Modeste Bahati Lukwebo (Indépendant proche AMP, Sud-Kivu) par 250 voix contre 148. A part ce duel, l’AMP n’a pas rencontré de résistance notable.
Divisée, concourant en ordre dispersé contre un adversaire plus motivé et mieux préparé, l’opposition n’a pas fait le poids. Comment peut-on comprendre que l’opposition aligne trois « gros » candidats (Idambituo Bakaato, François Mwamba, Gibert Kiakwama), le quatrième (Clément Kanku Bukasa) s’étant retiré au dernier moment, face à un autre poids lourd de la majorité, qu’est Evariste Boshab ? C’est une véritable débauche d’énergie de la part de l’opposition qui aurait pu s’entendre pour présenter un candidat unique. Même si ce candidat n’avait aucune chance de faire tomber le candidat AMP, on aurait tout au moins assisté à un véritable duel.
La cacophonie qui a régné dans le cadre de l’élection du nouveau bureau de l’assemblée nationale démontre qu’il manque un véritable leadership au sein de l’opposition parlementaire où chacun veut jouer sa propre partition. Il y a surtout un manque criant de coordination dans la gestion des ambitions. Au final, un fiasco total, l’opposition ayant échoué à placer même un de ses membres au bureau.
L’opposition n’ayant pas fait le poids face à une machine mieux organisée, tout le bureau sera géré par l’AMP. On notera néanmoins que l’Udemo de Nzanga Mobutu disparaît du bureau. L’AMP n’ayant pas réussi à s’entendre avec l’Udemo a préféré faire confiance au PDC de José Endundo qui place Robert Bopolo à la questure adjoint. On assiste peut-être là à une recomposition de la coalition au pouvoir. L’Udemo a de plus en plus l’impression de subir le diktat de l’AMP, au point que ses positions ne sont plus prises en compte. Des observateurs prédisent des changements importants dans les jours à venir et même une rupture entre Joseph Kabila et Nzanga Mobutu ou plutôt entre Adolphe Muzito (Palu) et Nzanga Mobutu (Udemo). La pomme de discorde reste, selon de nombreuses sources, l’affaire des millions de francs suisses de feu le maréchal Mobutu bloqués en Suisse et réclamés par Adolphe Muzito.

Résultat éloquent

Ainsi donc, à la présidence de l’assemblée nationale, Evariste Boshab l’a largement emporté avec 329 voix contre 75 voix pour François Mwamba et 50 voix pour Idambituo Bakaato. Malgré un discours de présentation plutôt très bon, le secrétaire général du MLC n’avait aucune chance de séduire un électorat galvanisé par la rencontre de jeudi dernier à la ferme présidentielle. On indique que le chef de l’Etat, autorité morale de l’AMP, avait demandé à ses ouailles de lui faire la satisfaction d’éviter tout deuxième tour lors des scrutins de vendredi. La recommandation assortie, semble-t-il, d’une bonne motivation a été entendue sur toute la ligne. Mais l’on notera que si Evariste Boshab l’emporte avec un score très éloquent, soit 329 voix, les autres candidats AMP n’ont pas franchi le cap de 300 voix. Me Boris Mbuku Laka (ARC, Force du renouveau, Bandundu) a plafonné à 273 voix, mais s’impose tout de même largement face aux autres candidats à la première vice-présidence. Pas non plus de résistance à la deuxième vice-présidence où Mme Georgette Madiko (Palu, Bandundu) succède à Marc Mvwama (Palu, Bandundu). Le nouveau rapporteur, lui, s’appelle Wildor Makonero (Indépendant proche PPRD et AMP, Sud-Kivu). Une deuxième femme prend le poste de rapporteur adjoint. Il s’agit de Sophie Kakudji Yumba (Unafec/Kyungu,

Boshab, samedi 18 avril après son élection

Boshab, samedi 18 avril après son élection

Katanga). Dieudonné Bolengetenge (MSR, Province Orientale) est le nouveau questeur tandis que Robert Bopolo (PDC, Equateur) est le questeur adjoint.
Malgré une demande fortement appuyée, la rotation provinciale ne sera pas assurée. Le Bandundu garde, comme dans l’ancien bureau, deux membres au sein du nouveau bureau (Boris Mbuku et Georgette Madiko). Le sud-Kivu se maintient avec un membre (Wildor Makonero) alors qu’il détenait deux postes dans le bureau sortant. Le Katanga garde un seul membre (Sophie Kakudji Yumba) comme dans l’ancien bureau. L’Equateur fait son entrée au bureau avec Robert Bopolo tout comme la Province Orientale avec Dieudonné Bolengetenge ainsi que le Kasaï Occidental avec Evariste Boshab. Le Kasaï Oriental est absent du bureau alors qu’il avait deux membres dans le bureau sortant. Le Bas-Congo est toujours ignoré. La province pétrolifère ne place personne dans le nouveau bureau tout comme elle n’était pas représentée dans celui sortant. Il en est de même pour le Maniema. On relève du reste que le Bas-Congo perd de son influence dans les sphères du pouvoir kabiliste où il ne compte pas une personnalité dans les avant-postes. Est-ce parce que la province n’avait pas voté pour Kabila lors de la présidentielle de 2006 ? Possible. Mais, cela n’explique pas tout. Il y a manifestement manque de leadership pour le Bas-Congo.
Mona Kumbu

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