Sarkozy : un discours bien apprécié à Kinshasa

Nicolas Sarkozy s’est bien adressé aux Congolais tout à l’heure au palais du peuple. Dans son discours, le président français a réaffirmé l’amitié de son pays à la République démocratique du Congo. « Le cœur de l’Afrique bat ici en RDC, un pays, un géant que la France porte dans son cœur», a dit M. Sarkozy, dont l’adresse a été chaudement applaudie par l’assistance. « La souveraineté de la RDC ne doit plus être bafouée », a dit le président français, rappelant que les Congolais ont trop souffert et que cela ne devrait plus être accepté. Tout comme, il a jugé inacceptable l’exploitation illégale des richesses de ce géant du continent africain. Pour lui, l’heure de la reconstruction et de la renaissance du Congo a sonné. Il s’est surtout indigné de la pauvreté des Congolais pourtant assis sur d’immense richesses.
Parlant de la nécessité d’une politique de bon voisinage, Nicolas Sarkozy a rappelé que le Congo a toujours été une terre d’accueil et d’exil. « La vocation du Congo n’est pas d’être le maillon faible, mais la colonne vertébrale de l’Afrique », a précisé le président français, pour qui le Congo ne doit pas être le pôle du sous-développement de l’Afrique, mais plutôt le centre du rayonnement du continent.
Au sujet de la marche de la démocratie, Nicolas Sarkozy a invité les élus à avoir la culture de rendre compte au peuple. Et sans doute pour répondre aux nombreuses critiques formulées par des Congolais à la suite de ses propos de janvier dernier sur les relations Rwanda-RDC, Nicolas Sarkozy a insisté sur trois vérités essentielles : la souveraineté de la RDC est inaliénable ; les peuples d’Afrique ne changeront pas d’adresse ; il faut une armée efficace et républicaine pour ce grand Congo ainsi qu’une justice qui puisse enrayer l’impunité. Bref, Nicolas Sarkozy n’entend pas ouvrir la boîte à pandore d’une remise en cause des équilibres frontaliers actuels.
Le président du sénat, M. Léon Kengo wa Dondo avait du reste donné le ton dans son message de bienvenu au président français. « La France a toujours été à nos côtés dans les moments difficiles », a dit Léon Kengo wa Dondo, exprimant la gratitude du peuple congolais à la France. Léon Kengo a souligné que la RDC tenait absolument au sacrosaint principe de l’Union africaine sur l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Pour le président du sénat, des enceintes existent entre le Congo et ses voisins pour le développement de projets communs, notamment la CEPGL, la CEEAC ou encore le Pacte de Nairobi. Message reçu par Nicols Sarkozy qui a donc souligné le principe de la non-négociation de la souveraineté du Congo. Il a tout de même fait observer que si le pays est suffisamment fort et organisé, il ne peut avoir peur de développer des partenariats avec d’autres, rappelant l’exemple de la France qui entretient d’excellentes relations avec l’Allemagne bien que les deux pays se soient affrontés dans une féroce guerre durant des années ; En clair, le Congo doit entretenir de bonnes relations avec ses voisins, le Rwanda et le Burundi et y ajouter la Tanzanie, le Kenya et l’Ouganda. Le président français a également indiqué que le Congo devait se déterminer par rapport à son appartenance dans plusieurs communautés. Il s’est interrogé sur l’efficacité de ces nombreuses structures alors qu’à son avis un grand ensemble pouvait mieux encadrer les relations entre ces pays. Bref, un discours de 35 minutes en tout, qui a permis à Nicolas Sarkozy d’expliciter sa pensée.
On notera que Joseph Kabila a bien accompagné son homologue français au palais du peuple. Aucun incident protocolaire n’a été noté. Vital Kamerhe était bien là à la tribune aux côtés de Léon Kengo qui a présidé la cérémonie. Les autres membres des bureaux du sénat et de l’assemblée nationale étaient également là.
Nicolas Sarkozy était arrivé tôt le matin à Kinshasa pour une visite de quelques heures seulement avant de se rendre à Brazzaville où il passera la nuit. Fausse note tout de même, Joseph Kabila ne s’est pas rendu à l’aérport pour l’accueillir. Il a délégué, pour ce faire, le premier ministre Adolphe Muzito.  Joseph Kabila, lui, attendait Nicolas Sarkozy au palais de la nation où ils se sont entretenus. Ce pied de nez du président congolais à son homologue français n’aurait pas été très apprécié par des diplomates français.
Franck Baku

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