Procès en appel des assassins de Botethi: le ridicule

Le procès en appel des assassins de Daniel Botheti, vice-président de l’assemblée provinciale de Kinshasa, tourne, une fois de plus au ridicule. Comme lors du procès en première instance, Patrick Mwewa s’illustre par des déclarations qui n’ont pour finalité que de créer la confusion. L’homme renie en effet ses propres aveux faits lors du premier procès, prétextant qu’il était en état second du fait de l’anesthésie suite à l’opération chirurgicale qu’il avait subie alors que le procès était en cours.
L’actuelle ligne de défense de Patrick Mwewa est que Daniel Botethi aurait été tué par son propre garde du corps. Hypothèse plausible dans la mesure où les explications fournies par ce fameux garde du corps étaient plutôt floues lors du premier procès. L’homme avait affirmé avoir tiré sur quelqu’un, mais on ne sait toujours pas qui. Il reconnaît par ailleurs avoir entendu quelqu’un dire « obomi ngai » ou « tu m’as tué ». La victime en question ou plutôt son corps n’a jamais été retrouvé sur le lieu du guet-apens tendu à Daniel Botethi. N’était-ce pas Daniel Botethi lui-même qui s’était ainsi exclamé face à la bêtise ou peut-être à la traitrise de celui qui devait pourtant assurer sa sécurité.

L’hypothèse d’une méprise peut aussi être retenue dans la mesure où le fameux garde du corps avait donné l’impression, face au feu roulant des questions des avocats, n’être pas un policier bien formé. L’homme pourrait avoir paniqué et tiré par erreur sur son « patron » ou il pouvait avoit fait partie du complot qui avait pour finalité d’abattre Daniel Botethi.
Quoi qu’il en soit, une expertise psychiatrique s’avère nécessaire afin de déterminer les capacités mentales de Patrick Mwewa. Ses déclarations présentes concourent à tout reprendre à zéro. Le tribunal militaire doit rouvrir le dossier pour voir un peu plus clair dans cette histoire. On doit déterminer avec précision le rôle que joue ou a joué Patrick Mwewa dans cette sinistre affaire qui a tout de même coûté sa vie à un jeune homme dont l’avenir politique semblait florissant.
Patrick Mwewa ne s’est pas trouvé samedi 6 juillet 2008 à l’endroit où fut tué Daniel Botethi par hasard. Ses premières déclarations au procès en première instance sont par ailleurs restées constantes jusqu’à la fin du procès. Seule note passive toutefois: son incapacité à prouver que André Kimbuta, gouverneur de Kinshasa, était le commanditaire de cet assassinat. Il faut reconnaître que son complice Kady Munung, ne l’avait pas aidé pour cela.

Ce Kady est considéré comme le cerveau du commando qui aurait assassiné Daniel Botethi. Le fameux Kady a nié en bloc toutes les accusations faites contre lui, contraignant même Patrick Mwewa à demander pardon à André Kimbuta. Selon Mwewa, c’est lui Kady Munung qui lui aurait dit que le coup en préparation était commandité par le gouverneur de la ville de Kinshasa.

Pour rappel, Daniel Botethi alors vice-président de l’assemblée provinciale de Kinshasa, a été assassiné le 6 juillet 2008 à Kinshasa/Ngaliema tard la nuit alors qu’il revenait d’une fête de mariage.
Franck Baku

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