Les Congolais ont-ils oublié les martyrs de l’indépendance?

Dimanche 4 janvier 2009 a été un jour comme les autres en RDC. Incroyable tout de même! Cela faisait pourtant jour pour jour 50 ans que des Congolais ont été tués par les forces de l’ordre coloniales pour une manif de l’Alliance des Bakongo (Abako, le parti de Joseph Kasa-Vubu, devenu depuis 1963 Alliance des bâtisseurs du Kongo).
La manif qui devait se dérouler le dimanche 4 janvier 1959 à la place YMCA avait été « interdite », mais l’Abako n’avait pas eu le temps de la décommander. Kasa-Vubu fit une brève apparition sur le lieu pour s’adresser à ses militants. La suite est connue: des forces de l’ordre qui tirent sur les manifestants. Une ville en ébullition. Des supporters de V-Club qui reviennent du stade déçus après la défaite de leur équipe face à Mikado s’y mêlent. C’est l’embrasement. Les échauffourées vont faire 59 morts selon les colons et 120 morts selon l’Abako. La suite, on la connaît: le colonisateur fut obligé d’entendre la voix de la raison: accorder l’indépendance aux Congolais. Après moult péripéties, le Congo devient effectivement indépendant le 30 juin 1960.
Dimanche 4 janvier 2009, on aurait pu s’attendre à des manifestations publiques et officielles. Rien de tout cela. Les autorités ont fait semblant de tout ignorer. C’était en plus un dimanche, raison de plus pour s’évader dans les fermes qui entourent la ville. L’Abako dirigée actuellement par M. François Kimasi, président de l’assemblée provinciale du Bas-Congo, n’a pourtant pas oublié. Une manifestation a été organisée sur le lieu même du « crime ». Tshobo I Ngana, qui avait vécu les événements ce jour là, a raconté à l’assistance ce qu’il avait vu et entendu. Une mine d’or pour les historiens. L’Abako a même promis de réécrire l’histoire du 4 janvier 1959 afin de tordre le cou à ceux qui sont passés maîtres dans l’art de tronquer les faits historiques.

L’Abako a aussi demandé que soit érigée une stèle où seront gravés les noms des personnes tuées le 4 janvier 1959. Une façon de perpétuer cette date historique que d’aucuns tentent de minimiser. Simple consolation: le ministre de l’intérieur a tout de même fait le déplacement de la place YMKA dimanche 4 janvier dernier pour assister à la manif de l’Abako. Les jeunes de l’Abako ont, quant à eux promis de ne pas laisser la date s’évanouir.
Franck Baku

2 Réponses

  1. Je crois pour ma part que l’histoire de pères de l’indépendance est aujourd’hui occulter par le clientélisme politique dont font montre les dirigeants actuel du parti chère à mon géniteur Raymond BIKEBI dont l’amour pour le peuple Kongo était plus important que l’amour qu’il devait nous donner.
    Il disait dixit « que vaut ma vie sans l’amour du peuple Kongo pour lequel je sacrifie ma vie, se souviendra t’il de moi ?

    Voila le testament politique d’un homme qui à tant aimer son peuple qui aujourd’hui n’ a même pas un sépulture; ni un épitaphe sur une tombe. Je crois pour ma part que il aurait bien aimer avoir sur sa tombe cette phrase « j’ai tant aimer le peuple KONGO »

    Réveiller vous car l’histoire ne changera jamais et que l’emprunte que ces êtres illustre ont laisser reste à jamais indélébile dans notre mémoire et ce de notre devoir de le transmettre au générations future.

    Moi j’ai pérenniser son nom grâce à ses petits fils qui le porte fièrement bien qu’aujourd’hui ils appartiennent à une autre nation, mais ils savent qu’ils ont eu un grand père illustre.

  2. Qu’il en soit ainsi…

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