RDC : Bemba arrêté par la CPI, le poste de porte-parole de l’opposition n’intéresse plus ses adversaires

Jean-Pierre Bemba arrêté et expédié à La Haye pour y être jugé par la Cour pénale internationale (CPI), la bataille pour l’occupation du poste de porte-parole de l’opposition n’intéresse apparemment plus personne. C’est en tout cas l’impression que l’on a près de deux mois après les débuts des démêlées du leader du MLC d’abord avec la justice belge et ensuite avec celle internationale incarnée par la CPI.

Sujet de prédilection pour les opposants depuis le début de cette année, plus personne ne parle de la désignation du porte-parole de l’opposition depuis l’arrestation de Jean-Pierre Bemba. Pourtant, quelques jours avant la mise au frais du chef du MLC et candidat déclaré à la charge de porte-parole de l’opposition, plusieurs autres ambitions s’étaient manifestées. Quelques politiciens avaient même créé une sorte de coalition pour exiger la présence physique du porte-parole au pays et le principe de la rotation pour l’occupation dudit poste. L’on avait également exigé que la désignation dudit porte-parole se fasse à bulletin secret et non à main levée, comme le suggérait le Mouvement de libération du Congo (MLC) « afin d’éviter toute surprise désagréable », disait-on dans les rangs des partisans de Bemba. Même majoritaire dans le corps électoral devant désigner le fameux porte-parole (sénateurs et députés de l’opposition), le MLC ne voulait rien laisser au hasard et se faisait fort de contrôler le processus, un vote à main levée pouvant facilement révéler qui a voté pour qui. Or, un député ou un sénateur caché dans son isoloir peut, seul devant sa conscience, voter comme bon lui semble.

La passe d’armes était devenue si forte entre membres déclarés de l’opposition que l’on attendait une médiation des présidents du sénat et de l’assemblée nationale. Jean-Pierre Bemba arrêté, le mécanisme s’est enrayé au point que l’on se demande si le poste intéresse encore quelqu’un dans ce pays.

En tout cas, près de deux mois après, on ne sait où se trouvent tous les ambitieux qui avaient manifesté leur volonté à s’opposer au leader du MLC, maintenu loin du pays. L’alliance circonstancielle créée par les Azarias Ruberwa, Vincent de Paul Lunda Bululu, Vunduawe Tepe Mako, Gilbert Kiakwama… a quasiment disparu de la circulation et n’évoque plus l’élection du porte-parole de l’opposition en public. Tout donne l’impression que les coalitions formées et les ambitions exprimées n’avaient de raison que pour contrer le leadership de Jean-Pierre Bemba. Au MLC, on affirme, sans preuve, que l’agitation observée au mois de mai dernier n’avait pour but que d’attirer l’attention du procureur de la CPI sur l’imminence de la désignation de Jean-Pierre Bemba comme porte-parole de l’opposition, ce qui aurait eu pour conséquence que son arrestation par la CPI aurait été plus difficile. Il n’en fallait pas plus pour que Luis Moreno O’Campo accélère la procédure de mise en accusation du « chairman du MLC». Ce dernier étant écarté de la course, l’opposition contre sa candidature au poste de porte-parole de l’opposition ne se justifie plus.

Des déboires

On rappelle que Jean-Pierre Bemba Gombo, leader du MLC et sénateur élu de la ville de Kinshasa a été présenté, pour la première fois, à la Cour pénale internationale le vendredi 4 juillet dernier après avoir été transféré à La Haye au Pays Bas, vingt-quatre heures plus tôt. Ainsi a commencé réellement la saga judiciaire entamée depuis le mois de mai à la suite de son arrestation à Bruxelles. La justice belge est restée inflexible malgré le combat engagé par les avocats du sénateur congolais, ancien vice-président de la République et candidat malheureux au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2006, remportée par Joseph Kabila. Bemba avait alors recueilli 42% des suffrages exprimés.

C’est le 4 novembre prochain qu’aura lieu l’audience de confirmation des charges. Les juges de la CPI auront à examiner les preuves dont dispose le procureur afin de déterminer s’il y a matière à procès. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le procès aura bel et bien lieu. Jean-Pierre Bemba aura ainsi la possibilité de se défendre face aux accusations portées contre lui. Le leader du MLC est en effet accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour des faits commis par ses hommes en 2002 et 2003 en Centrafrique.

On rappelle que les troupes du MLC avaient été envoyées en Centrafrique à la demande de M. Ange-Félix Patassé alors président élu de ce pays en butte à une rébellion menée par l’actuel homme fort du pays, François Bozizé. Des ONG ont accumulé une effarante documentation qui met en lumière les exactions commises par les troupes du MLC sur les populations civiles. On parle de tueries, pillages, vols et viols. Tout naturellement, Jean-Pierre Bemba est considéré comme responsable au regard des dispositions du droit international humanitaire et du statut de Rome sur la Cour pénale internationale. Il devra répondre des actes commis par ses hommes au regard notamment du principe de la « responsabilité du supérieur hiérarchique ».

Dans les milieux du MLC, on fait savoir que Jean-Pierre Bemba ne doit pas être accusé de laxisme ni de complicité dans cette grave affaire dans la mesure où il n’a jamais été sur le terrain en Centrafrique. On affirme par ailleurs qu’il aurait décidé de retirer ses troupes de Centrafrique après avoir eu connaissance des accusations d’exactions portées contre elles. Des mesures disciplinaires avaient frappé certains des éléments impliqués dans cette affaire.

La défense de Jean-Pierre Bemba n’a qu’à bien se préparer et amener des preuves contraires à celles que détient le procureur de la CPI. Bien plus, des ONG ont accumulé une somme d’éléments qui rendent ardue la tâche de la défense. Ce n’est donc pas à une partie de plaisir que l’on assistera. La tâche des avocats du leader du MLC est d’autant plus ardue que la CPI est engagée dans une sorte de recherche de résultat. On sait que les procès intentés contre Thomas Lubanga, Mathieu Ngundjolo et Germain Katanga risquent de tourner court. Déjà, les juges ont ordonné la libération de Thomas Lubanga, estimant que le procès ne serait pas équitable si le contenu de certains dossiers détenus par le procureur n’est pas divulgué. Or ces dossiers pourraient disculper le chef de l’UNPC accusé de conscription d’enfants dans ses milices en Ituri.

Si par malheur Thomas Lubanga est libéré, il se pourrait que la Cour de La Haye cherche absolument à coincer le chef du MLC pour faire bonne figure.

Franck Baku

Une Réponse

  1. Moi, je regrette du fait dans notre pays la démocratie est encore naissante. iln’est pas bon que la CPI accepte de se livrée à la corruption avec le pouvoir en place pour que le leard duMLC soit àla CPI.
    Ce pas poosibleau yeux des autres pays du monde.On arrête un senateur digne de son,leprésident dela République n’a même pas
    pensé commele fontles autres président d’intervenir oue n disant un mot àla nation Congolaise.Il est a rehrétté qu’on nous interdit la marche à l’ondre.
    Aujourd’huitout ne marche pratiquement. Les militaires Rwandais de l’autre,KUNDA de l’autre côté.

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