Kinshasa: l’aéroport de N’djili reste une pétaudière

Après un voyage de deux semaines qui m’a conduit du 20 juin au 4 juillet à Kigali (Rwanda) et Arusha (Tanzanie) pour un atelier sur la justice internationale, j’ai regagné Kinshasa, vendredi 4 juillet dernier. La première impression qui se dégage quand j’ai atterri à l’aéroport international de N’djili est que la principale porte d’entrée et de sortie du pays reste une pétaudière.

Dès que je suis descendu de l’avion, j’ai constaté la présence insolite et inexpliquée de plusieurs dizaines de personnes sur le tarmac. Il est possible que ces personnes soient des « services ». Même alors, je ne vois pas pourquoi elles se posteraient au pied de l’avion et sur le tarmac. Dans la salle d’enregistrement des arrivées où se déroulent les formalités de migration, l’ambiance est la même. Des dizaines de personnes qui n’y ont rien à faire s’y pressent pour offrir leur assistance aux voyageurs afin d’accélérer lesdites formalités. Pourtant, rien ne justifie cette offre, puisque moi-même, je n’ai pas fait plus de deux minutes pour m’y soumettre. Ma carte d’électeur – qui fait office de carte pour citoyen- et mon ordre de mission exhibés n’ont posé aucun problème. L’agent, courtois, a juste eu le temps d’apposer le sceau « entrée » de la DGM (Direction générale de migration) sur l’ordre de mission.

Ces formalités accomplies, je me suis dirigé vers la salle de livraison des bagages où continue à régner un désordre indescriptible. Des dizaines de pseudos bagagistes prennent d’assaut ce lieu où ne devraient se retrouver exclusivement que les voyageurs. Le contraste est saisissant entre Kinshasa et la situation vécue tant à Kigali qu’à Arusha. Dans les aéroports de ces deux villes, il règne l’ordre. Pas de bousculade, pas de pseudos bagagistes, bref chaque voyageur récupère ses bagages en toute quiétude. A Kinshasa par contre, c’est la cohue. Malgré une certaine fraîcheur du climat – c’est la saison sèche- il fait chaud dans cette salle à cause de la présence de personnes qui ne devraient pas s’y trouver. Elles bousculent les passagers en quête de leurs bagages, s’emparent des colis et peuvent ainsi disparaître.

Les policiers de la Régie des voies aériennes (RVA) font leur possible pour maintenir l’ordre, mais leur tâche est difficile, l’aéroport international de N’djili étant devenu un véritable « bilanga » (champ) pour de nombreux Kinois englués, faute d’emplois, dans le « qui cherche ». Cette présence suffocante est également visible à la sortie de l’aérogare et au parking. D’autres « bagagistes » proposent leur service, moyennant rétribution. Cela peut parfois se terminer mal, dans l’imaginaire populaire le voyageur – surtout ceux des vols internationaux- a généralement les poches pleines. On cherche à le « treizer » comme on dit dans le langage populaire pour dire « soutirer de l’argent ».

A la sortie de l’aéroport, l’impression est toujours la même. Kinshasa reste une ville sale, encombrée de sachets qui ne sont pas une matière biodégradable. Les routes sont aussi peu praticables avec des nids de poule qui ralentissent la circulation. Résultat: des embouteillages monstres. Autre point négatif: des taximen ont repris – du moins du côté du populeux quartier de Kingasani- leur mauvaise habitude de placer deux passagers sur le siège avant du véhicule et quatre sur le siège arrière, piétinant ainsi des dispositions prises par l’autorité urbaine et prohibant cette pratique d’un autre siècle. A l’arrivée chez moi à la maison, la première chose qui me frappe est qu’il n’y a pas d’électricité et l’eau ne coule pas du robinet depuis le matin. Pourtant, je suis dans la commune de Lemba, dans ce que l’on appelle un quartier urbanisé. La nuit, j’ai dû me rouler totalement dans mon drap pour échapper aux moustiques. Triste.

Franck Baku

11 Réponses

  1. Bonjour Franck,
    Te voilà bien loin des couloirs feutrés du TPIR !
    Mais au moins tu as retrouvé tes bagages….
    Je me réjouis de pouvoir lire régulièrement sur ton Blog des nouvelles de Kin-la-Belle.

  2. C’est vrai que ça fait bizarre de retrouver l’aéroport de Ndjili lorsqu’on rentre de l’étranger. On se rend compte qu’il y règne un désordre inqualifiable.

    Un aéroport qui ressemble à un marché!

    Bonne continuation Franck. Je viendrais de temps en temps prendre de nouvelles du pays sur ton Blog.

  3. oui, c’est bizarre. Cet aéroport est hors normes sur bien de plans.

  4. Vraiment je confirme de tout cœur l’anarchie et l’insensibilité qu’ont nos autorités dans cet aéroport soit disant international ou moi même je suis stagiaire finaliste,je vous encourage,gardons contact pour toujours penser à la bonne marche de notre pays.

  5. je vous dit bonjour mon frère baku franc

  6. je vous dit bonjour mon frère baku franc

  7. c’est triste de voir ce qu’est son pays lorsque tu es née en france comme moi et que tu as déja voyager dans s’autres pays d’afrique tel que le maroc ou encor la tunise. c’est vraimen t triste sa ne donne même plus envie de revenir mais bon si on devait compter tout ce qu’on doit changer a kinshahsa seulement sans parler du congo en entier ce serai grave vraiement mais bon dieu est grand.
    bonne continuation pour ton blog je passerais régulièrement pour avoir des nouvelles de kin;

  8. c’ est riste en tou k bone continuation pour ton blog je passerais régulièrement

  9. JAVAIS UNE QUESTION: COMMENT FAIRE POUR CHANGER TOUT CELA JUSTE AU NIVEAU DE LAEROPORT DEJA

    • Je crois que les autorités ont pris conscience de la nécessité de changer cela. Un projet est en cours. On fait payer une taxe à tout voyageur à l’embarquement afin de constituer un fonds pour la modernisation de l’aéroport.

  10. Les aventures de tintin au congo continuent à battre son plein, jusque là notre beau congo continue à etre un paysage et non un pays. Toute chose qui a un début aura nécéssairement une fin. Votre article fait preuve, l’aéoroport étant le miroir d’un pays dans le monde actuel, de ce qui se passe réellement dans toutes les institutions du pays et cela à tous les niveaux. Personne ne sait réellment comment est gérée la dite contribution des voyageurs, tout est géré à la maniére australopithèque. Un bon jour, notre beau congo retrouvera sa belle robe datante et sa dignité digne d’un pays très riche naturellement avec un peuple merveilleux et plein de potentialités qui n’attend que le moment opportun pour que le boom congolais survienne à vue et au su du monde entier.

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