Saidou Guindo : La prison du TPIR à Arusha n’est pas un hôtel 5 étoiles

« Le centre de détention du TPIR applique un régime pénitentiaire basé sur les normes internationalement reconnues », a déclaré M. Saidou Guindo au cours d’un entretien avec la presse lundi 30 juin. Le commandant du centre de détention du TPIR à Arusha a indiqué que la « prison » a déjà accueilli depuis sa création en 1997, 77 personnes. Elle compte actuellement 57 détenus dont 20 condamnés.

Construite par les Nations Unies, la « prison » du TPIR est également gérée par le personnel des Nations Unies. Située à 15km du centre d’Arusha, elle comporte 18 quartiers pour 78 cellules individuelles disponibles. Selon M. Saidou Guindo, qui a admis éviter des visites des journalistes pour notamment respecter les droits des détenus, chaque cellule est pourvue d’un lit, d’un matelas, d’une table et d’une toilette.

Chaque quartier du centre de détention est pourvu d’un téléviseur, mais les détenus ont la possibilité de disposer d’un téléviseur individuel, d’un poste de radio ou d’un appareil de musique. Pour qu’ils ne soient pas coupés du reste du monde, le centre a pris un abonnement à DSTV, un distributeur de programmes de télévision par satellite. Outre qu’une bibliothèque est à leur disposition, les détenus reçoivent également des journaux de Tanzanie, du Rwanda et du Kenya.

Les détenus du TPIR à Arusha peuvent également recevoir des appels téléphoniques ou appeler leurs avocats, si le besoin se fait sentir. Ils ont droit à des appels familiaux sortants en raison de 5 minutes par semaine. Ils ont aussi le droit d’écrire et de recevoir du courrier, mais n’ont pas droit à une connexion internet. Par ailleurs, le tabac et l’alcool sont interdits d’entrée à la prison tout comme l’argent.

Pour leur santé, une salle de consultation et d’observation avec deux infirmières permanentes et un médecin est à la disposition des détenus. Des évacuations vers des centres mieux équipés sont possibles en cas de problèmes plus sérieux.

Une cuisine aménagée offre aux détenus des repas en rapport avec les normes généralement admises au regard de l’âge ou de l’état de santé de chacun. En conséquence, le centre n’accepte pas l’introduction de nourriture extérieure.

« Tous les frais de prise en charge des détenus sont à charge du tribunal, les pensionnaires s’étant tous déclarés indigents», a fait savoir le commandant du centre de détention, soulignant que chaque détenu coûte 5 dollars américains par jour au TPIR. Les détenus ont droit aux exercices physiques journaliers et aux activités sportives et récréatives. Ils peuvent également recevoir des visites de leurs familles, avocats ou ministres du culte.

Face aux récriminations entendues depuis des années sur la situation des détenus du TPIR, M. Saidou Guindo, un Malien qui évolue dans le système onusien depuis une quinzaine d’années, a soutenu que le centre de détention d’Arusha n’était nullement un hôtel cinq étoiles, mais qu’il offre un standard déterminé par les Nations Unies. Selon lui quelles que soient les conditions dans lesquelles ils sont détenus, les pensionnaires du centre sont bel et bien privés de leur liberté. « Rien ne vaut la liberté », a-t-il expliqué, ajoutant que les mentalités devraient évoluer comme évolue la science pénitentiaire.

Le centre de détention du TPIR à Arusha autorise également les « visites conjugales intimes ». Sur ce point, le commandant du centre a laissé entendre que rien dans les normes internationales n’interdit ce genre de visites par ailleurs autorisées dans les régimes pénitentiaires de nombreux pays. A son avis, la privation de liberté dont est frappé un détenu ou un condamné ne concerne ni sa femme ni ses enfants.

Il a en définitive conclu que l’important est d’humaniser les conditions de détention en respectant les règlements établis.

Il s’est félicité que jusque là aucune tentative d’évasion n’a été enregistrée, mais a relevé un seul cas de simulation de tentative de suicide. Il a néanmoins reconnu que quelques manifestations de mécontentements ont déjà été enregistrées notamment des grèves de la faim de la part de détenus.

Franck BAKU

Une Réponse

  1. Bonjour Franck,
    Ravi de faire ta connaissance à travers tes articles mis en ligne sur ton blog ! Félicitation pour tout ce travail abattu en si peu de temps !
    Sophie de l’IPP à Paris

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