Lettre à un ami (3). Examen d’État: gouffre financier pour les parents

Cher ami,
J’ai passé une journée paisible, si on peut dire ça dans notre pays. Comme tu le sais, je suis en congé forcé. J’avais prévu de rester calmement à la maison pour suivre la télé et écouter la musique. La Snel ( société nationale d’électricité) en a décidé autrement. J’ai compté entre 6h00 et 17h00 sept coupures d’électricité dont la durée a varié entre 30 minutes et heure. Les appareils électroménagers ont beaucoup souffert, si on peut dire ça.
Pendant que je gerais ces coupures intempestives d’électricité, j’ai été soumis à plusieurs demandes d’argent de mon fils Jonathan. Ton neveu là qui est finaliste du secondaire m’en a fait voir de toutes les couleurs cette année. Aujourd’hui, il m’a fait savoir qu’il lui fallait un uniforme neuf. Coût : 25 000 fc. Ensuite, il m’a dit qu’il lui fallait aussi de nouveaux baskets, on dit ketch ici. Coût : 32 000. Et puis, il a demandé 6 000 fc pour l’ecusson de l’école à coller sur la chemise. Total : 63 000 fc déboursés pour lui aujourd’hui. Ouff, je me suis dit. Tard dans la soirée, il m’a fait savoir que le directeur a «conseillé» à tous les élèves finalistes d’avoir un peu d’argent sur eux pour cette hors session de l’examen d’État, qui débute mercredi 2 mai avec l’épreuve de dissertation et qui va s’étaler sur trois jours avec d’autres épreuves dites «pratiques».
Truandés
Le moins que l’on puisse dire est que les parents d’élèves finalistes sont truandés.
J’ai compris en effet que les chefs d’établissements profitent de cette situation pour se faire de l’argent sur le dos des parents. Ces derniers bien que se sachant truandés sont obligés de mettre la main à la poche pour éviter que leurs enfants ne ratent pas l’examen d’État. Et, Dieu seul sait si les frais à payer sont nombreux.
Tout commence avec les frais scolaires ou minerval. Comme mon fils est dans une école privée, on a dû payer, en deux tranches, l’équivalent en francs congolais au taux du marché parallèle, soit 1$ = 1600 fc, un total de 450$. Outre ces frais, il y avait les frais pour des cours dits d’encadrement, soit 5 000 fc par séance et pour plusieurs séances parfois même le dimanche; les frais dits « minerval de l’Etat», soit 16 000 fc par trimestre. Il y a aussi les frais liés au macaron (16 000 fc), les frais de passation de l’examen d’État (73 000 fc); les frais de régularisation du dossier (bulletins des années antérieures et certificat de fin d’études primaires,…) pour au moins une soixantaine de dollars américains.
J’ai sans doute oublié certains frais.
Que faire? Rien. On a beau se plaindre chaque année de ces méthodes de truanderie, mais les autorités ferment manifestement les yeux. Elles menacent, prennent des mesures d’encadrement, mais rien n’y fait. Les classes terminales sont devenues une affaire juteuse pour les chefs d’établissements et les enseignants. Les inspecteurs de l’enseignement en profitent aussi pour se faire de l’argent. C’est donc tout un système mis en place. Et, ce sont les parents qui trinquent.
A plus, cher Anatole.

Franck Mona

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Lettre à un ami de la diaspora (2) Encore un meurtre à Matadi

Cher Anatole,

Il est 7h45′ ce dimanche 29 avril 2018 ici à Matadi au moment où j’écris ces quelques mots. Mon attention vient d’être attirée par des cris de femmes de la maison voisine à la mienne. J’ai vite couru pour savoir ce qu’il se passait. J’ai vu la femme du voisin et sa grande sœur effondrées, poussant de cris, se contorsionnant par terre. La dame me fait savoir qu’elle venait d’apprendre que son jeune frère, déclarant en douane ici à Matadi, venait d’être abattu sans doute par des bandits armés dans la nuit et qu’il serait décédé. Lire la suite

Lettre à un ami de la diaspora (1) Je suis de retour

Cher Anatole,

Comme je te l’ai dit lors de notre dernière conversation au téléphone, tard la nuit, j’ai décidé de reprendre la mise à jour de mon blog. Tu auras sans doute remarqué que j’ai changé son titre. Les faits que je vais décrire dans les jours à venir sont ceux de mon vécu quotidien. Comme tu le sais, les travaux de l’assemblée provinciale du Kongo Central où je travaille depuis janvier 2010 ont été suspendus par le ministre en charge de l’intérieur et sécurité. Je  t’en avais parlé longuement au téléphone. Je n’y reviens pas aujourd’hui dans cette correspondance. Je profite donc de ces moments de solitude et d’inactivité pour reprendre avec ma passion : l’écriture journalistique à travers ce blog. Ma lecture de l’actualité sous forme notamment de lettres que je vais publier ici feront l’objet d’une compilation ultérieurement et constitueront la toile de fond d’un bouquin que je suis en train écrire.

Franck Mona

 

De plus en plus de «juristes» incompétents en RDC!!!

Mais que cherchent les politiciens, mais pas que eux, en faisant des études de droit, même tard dans la vie et parfois dans des universités «ya sima ndaku». Lire la suite

Panzi : Reprise des activités à l’Hôpital du Dr Mukwege

Des agents de l'HGR Panzi devant la DGI/ Bukavu

Des agents de l’HGR Panzi devant la DGI/ Bukavu

Par Génie Mulobo

Les agents de l’Hôpital général de référence de Panzi au Sud-Kivu ont suspendu leur sit-in devant la Direction générale des impôts, DGI, depuis mercredi 7 janvier 2015. C’est sur demande du MIP, Médecin inspecteur provincial de la santé, qui, après une mission effectuée à cet hôpital, a promis de s’engager personnellement dans ce dossier. C’est ce qu’indique le rapport de mission de l’inspecteur de la santé de Panzi auprès de l’hôpital dirigé par le Dr Denis Mukwege. Lire la suite

66è anniversaire de la DUDH : l’Aproja à l’écoute des femmes maraîchères et rizicoles de Ngwele

Par Génie Mulobo

En collaboration avec le bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme et Filles et femmes en action pour la promotion et la protection des droits de l’homme, l’Action pour la protection des journalistes en Afrique (APROJA) a commémoré le 66ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme avec les femmes maraîchères et rizicoles du site Ngwele, au quartier Kingabwa dans la commune de Limete. C’était le 11 décembre 2014, à la paroisse Saint Kizito dans ladite commune.
La plupart de congolais ignorent l’existence des droits de l’homme. Ce n’est pas le cas des femmes maraîchères et rizicoles de Ngwele. Ces dernières ont réussi à résoudre les conflits fonciers entre elles et un fonctionnaire qui s’est improvisé propriétaire de ce site. C’est pourquoi, ces différentes structures ont profité de cette occasion pour féliciter les femmes de Ngwele et apporter des pistes de solutions à leurs problèmes. Lire la suite

Grâce au projet MAVIH : l’Afrique centrale se mobilise pour atteindre l’objectif 3 zéros

Par Génie Mulobo

En collaboration avec l’Institut Panos Europe, l’Union Congolaise des femmes des médias, UCOFEM a organisé la semaine dernière, un débat régional des journalistes sous le thème : « Objectif 3 zéros : quels engagements et quelles ressources des Etats d’Afrique Centrale après 2015 ».
Ce débat qui s’inscrit dans le cadre du projet « MAVIH » à savoir Médias d’Afrique centrale sur le VIH/Sida a connu deux grands temps forts. Il s’agit entre autres de la Table ronde sur l’état des lieux de la situation du VIH/Sida en RDC, au Rwanda, au Burundi et en RCA ; et une autre sur : «Quel chemin reste-t-il à parcourir ? » Zéro discrimination, zéro nouvelle infection et zéro décès lié au Vih/Sida. Tel a été l’objectif poursuivi par l’Onusida et partenaires pour 2015. Lire la suite