Un coup de gueule du ministre de la Communication et des médias. C’est le moins que l’on puisse dire des déclarations de Lambert Mende Omalanga ce matin sur la radio Top Congo FM. Le porte-parole du gouvernement réagissait au rapport de Human Rights Watch au sujet de l’incapacité de l’armée nationale et de la Monuc à réduire au silence les rebelles hutu rwandais des FDLR, qui se livrent à des atrocités au Kivu. Lambert Mende a trouvé suspect le communiqué diffusé à ce sujet par l’ONG de défense des droits de l’homme, insinuant que cela faisait partie d’une campagne de dénigrement orchestrée contre la RDC à travers la personne de Joseph Kabila.
Il y a quelques jours, le chef de la Monuc, Alan Doss, s’insurgeait contre des rapports de Human Rights Watch, affirmant que cette ONG ne dénonçait jamais les exactions commises par les groupes armés considérés comme des forces négatives à l’Est du pays. HRW s’était vigoureusement défendue de cette accusation de partialité, mettant en exergue de nombreux communiqués et rapports épinglant les groupes armés opération actuellement au Nord et à l’Est du pays, notamment les FDLR, la LRA et des groupuscules Mai-Mai.
Dans son dernier communiqué publié le 2 juillet dernier que l’on peut retrouver à l’adressehttp://www.hrw.org/fr/news/2009/07/02/rd-congo-augmentation-massive-du-nombre-d-attaques-contre-les-populations-civiles, HRW écrit notamment sur les FDLR et la LRA : « Les FDLR et les combattants de la LRA sont responsables de la plupart des meurtres de civils recensés par Human Rights Watch. Ces deux groupes armés utilisent délibérément des pratiques telles que la terreur et la répression des populations civiles et s’en prennent à leurs biens comme stratégie en représailles des opérations de l’armée congolaise. Les auteurs ou les commanditaires de tels actes sont coupables de crimes de guerre ». Dans le même communiqué, HRW égratigne aussi les FARDC. « Les soldats de l’armée congolaise ont eux aussi perpétré des crimes de guerre contre les civils qu’ils ont délibérément attaqués en les accusant de collaborer avec les FDLR. Ils ont également violé des femmes et des jeunes filles, commis des actes de pillage et contraint illégalement des populations civiles au travail de porteur, réduit des maisons en cendres dans des villages qu’ils accusaient d’abriter des partisans des FDLR », peut-on lire dans le communiqué. La Monuc en prend aussi pour son inefficacité sur le terrain. « Les forces de maintien de la paix des Nations Unies, la MONUC, ont apporté entre-autres un soutien logistique et une aide pour la planification des opérations de l’armée congolaise baptisées « Kimia II ». Mais, elles n’ont pas exercé suffisamment de pressions sur l’armée congolaise pour l’inciter à mettre un terme aux brutalités et aux abus ». Ce qui fait sans le plus mal, c’est cette dernière phrase où on peut lire : « Les soldats de maintien de la paix des Nations Unies ne doivent pas soutenir les forces armées congolaises qui commettent des crimes de guerre et n’assurent pas la protection des civils et des réfugiés. En continuant de soutenir ce type d’opérations militaires, les forces de maintien de la paix risquent de devenir complices des abus perpétrés. » Ou encore cette autre phrase: « L’incapacité du gouvernement à nourrir et à payer ses soldats de façon régulière est presque une incitation à s’en prendre à la population civile. Ensuite, permettre que ces forces armées soient dirigées par des commandants comme Bosco Ntaganda, dont on connaît le passé jalonné de crimes horribles, favorise un climat propice aux atrocités. »
Si l’on doit reconnaître que les forces armées font de réels efforts pour venir à bout des forces négatives dont les FDLR et la LRA, force est de reconnaître que beaucoup reste encore à faire. Les FDLR ont même multiplié les exactions contre les populations civiles au Nord-Kivu particulièrement.
Franck Baku
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