
Le président de "Unité des valeurs", ancien représentant de l'UDPS en Suisse
Quelques semaines après son départ de l’Union pour la démocratie et le progrès social, l’ancien représentant de l’UDPS en Suisse pilote un mouvement dénommé Unité des valeurs. Michel Okongo Lomena vient d’adresser un message à la nation congolaise à l’occasion du 49ème anniversaire de l’indépendance de la RDC. « Dans d’autres circonstances, cet événement aurait été salué et célébré dans la joie et l’allégresse ; malheureusement pour nous Congolais, c’est dans la douleur, la consternation et le recueillement que nous célébrons cet anniversaire », écrit Michel Okongo dans ce message.
Justifiant les mots forts qu’il a employés, le président de Unité des valeurs dit faire référence notamment à l’occupation du pays par des forces étrangères, à la misère à laquelle est soumise la population, aux violences sexuelles perpétrées par des bandes armées à l’Est du pays sur les compatriotes. D’où l’amertume que l’on lit à travers son message.
« Aujourd’hui, par manque de visibilité politique, les différents régimes qui se sont succédés au pouvoir dans notre pays ont plongé le Congo dans une situation de crise profonde qui affecte cruellement le quotidien des Congolais, et perpétue l’inégalité dans la répartition de maigres ressources que disposent encore le pays », déclare Michel Okongo. Le président de Unité des valeurs s’est ainsi appesanti sur ce qu’il considère comme des inégalités de traitement et fait, pour cela parler les chiffres. Selon lui, et selon les données dont il disposait pour 2008, l’Etat congolais emploierait 1.021.213 personnes. 10.278 personnes, soit 1% de l’ensemble de l’effectif font partie du personnel des institutions politiques (présidence de la République, primature, assemblée nationale, sénat, ministères et leurs cabinets. 734.936 personnes, soit 72% de l’effectif font partie du personnel de la Fonction publique ; 273.802 personnes, soit 26 % de l’ensemble de l’effectif font partie du personnel militaire et de la police.
Inégalités criantes
Michel Okongo est d’autant plus révolté qu’il y a maldonne dans la répartition des richesses entre toutes ces catégories. « Les institutions politiques, avec 1 % de l’ensemble de l’effectif bénéficient à elles seules, d’une enveloppe budgétaire estimée à 13%. La Fonction publique, avec 72% de l’effectif bénéficie seulement d’une enveloppe budgétaire estimée à 67%. Le personnel militaire et la police, avec 26% de l’ensemble de l’effectif bénéficie seulement d’une enveloppe budgétaire estimée à 18% », écrit le président de Unité des valeurs, qui laisse entendre que les 10.278 agents des institutions politiques bénéficient d’un revenu annuel par personne de $11.945 dollars, soit une moyenne mensuelle de 995 dollars. Et de préciser : « les ministres et parlementaires perçoivent, chacun, un salaire mensuel de 6.000 et 7000 dollars, tandis que, les restants, à savoir les fonctionnaires de l’Etat, le personnel militaire et agents de la police, bénéficient, chacun, d’un salaire annuel de 751 dollars, soit en moyenne environs 62 dollars/mois. En termes clairs l’écart entre ces deux entités est d’environ 1 contre 16 ou plus ». Il constate en outre qu’à l’instar des années précédentes, les ressources budgétaires pour l’exercice 2008 ont été épuisées à mi-parcours de l’année, avec un taux d’exécution du budget de 70 % en dépenses contre 40% en recettes ; un taux d’inflation avoisinant les 20% contre 8% prévu, et une flambée de prix de l’ordre de 70% pour un smig de 3 dollars par mois à partir de 2009. « Figurant parmi les pays où la corruption est institutionnalisée, le Congo est également classé au 174è rang dans le monde des affaires sur 180 pays répertoriés par la Banque Mondiale à cause de la lourdeur administrative ; les tracasseries fiscales et la mafia », ajoute Michel Okongo.
Déficit de démocratie
Le président de Unité des valeurs dénonce également ce qu’il qualifie de « déficit de la démocratie et l’absence d’un Etat de droit » depuis 1960. Cette situation est, à son avis, à la base de la transformation du Congo en une jungle, favorisant ainsi les violations des libertés et des droits fondamentaux. Cela se répercute sur le plan économique avec comme conséquences : la destruction des infrastructures de base dans notre pays; l’arrêt de la production; le pillage systématique des ressources du pays; l’inflation toujours galopante; le poids considérable de la dette extérieure; le système bancaire en banqueroute; le déséquilibre macroéconomique criant; la prédominance d’une économie informelle qui prive l’Etat des ressources pouvant lui permettre d’assurer le développement du pays. Pas reluisant!
Franck Mona
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